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Question-réponse

Peut-on contester une décision prise en assemblée générale des copropriétaires ?

Vérifié le 11/05/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Oui, il est possible de contester une décision prise en assemblée générale. Il faut néanmoins respecter les conditions suivantes :

  • Être titulaire d’un droit rĂ©el sur un lot au moment de la tenue de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale (propriĂ©taire, usufruitier, etc.)
  • Être opposant (c’est-Ă -dire avoir votĂ© « contre » la rĂ©solution adoptĂ©e ou « pour » une rĂ©solution qui a Ă©tĂ© rejetĂ©e) ou dĂ©faillant (c’est-Ă -dire ĂȘtre absent et non reprĂ©sentĂ© lors du vote de la rĂ©solution). Le fait d’ĂȘtre opposant s’apprĂ©cie rĂ©solution par rĂ©solution. Le copropriĂ©taire qui Ă©tait dĂ©faillant ou opposant Ă  l’ensemble des rĂ©solutions peut demander l’annulation de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale dans son entier.
  • Agir en justice dans le dĂ©lai de 2 mois Ă  partir de la notification du procĂšs-verbal d’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale par le syndic. Si le syndic n’a jamais envoyĂ© le procĂšs-verbal, le dĂ©lai de contestation est de 5 ans. Dans tous les cas, le recours est effectuĂ© devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. L’accompagnement par un avocat est obligatoire. Il fera dĂ©livrer une assignation Ă  l’encontre auprĂšs du syndicat des copropriĂ©taires reprĂ©sentĂ© par le syndic.
  • Contester une question soumise Ă  la dĂ©libĂ©ration de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et aux votes des copropriĂ©taires.

  À savoir

En l’absence de contestation dans les dĂ©lais, une dĂ©cision, mĂȘme irrĂ©guliĂšre ou illĂ©gale, devient dĂ©finitive et s’impose Ă  tous.

Les motifs de contestations sont trĂšs variĂ©s. Par exemple, il peut s’agir des cas suivants :

  • IrrĂ©gularitĂ©s de convocation de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale (dĂ©lai, contenu, auteur incompĂ©tent etc.)
  • IrrĂ©gularitĂ©s de composition de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale (personnes sans qualitĂ© ayant votĂ©, absence de dĂ©signation du prĂ©sident de sĂ©ance etc.)
  • Violation des rĂšgles de majoritĂ© applicables Ă  la rĂ©solution
  • Vote d’une question non inscrite Ă  l’ordre du jour de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale.

Il suffit de dĂ©montrer que les rĂšgles, prĂ©vues par la loi, concernant l'organisation ou le fonctionnement de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ou la dĂ©cision en elle-mĂȘme, n'ont pas Ă©tĂ© respectĂ©es.

 Ă€ noter

Il n'est pas nécessaire de justifier d'un préjudice particulier pour contester une décision prise en méconnaissance de la loi.

En principe, si le tribunal annule une dĂ©cision d’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ou l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, elle est considĂ©rĂ©e comme n’ayant jamais existĂ©. Cette dĂ©cision s’impose Ă  tous les copropriĂ©taires, y compris ceux qui n’ont pas agi en justice.

Toutefois, l’annulation n’a pas d’impact sur l’obligation de rĂ©gler les charges de chaque copropriĂ©taire. De mĂȘme, en cas d’annulation de la dĂ©signation du syndic, les actes passĂ©s avec des tiers de bonne foi restent valables.