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Question-réponse

Comment le juge des enfants intervient-il pour protéger un mineur en danger ?

Vérifié le 26/08/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Pour protéger un mineur en danger, le juge des enfants peut prendre des mesures d'assistance éducative (allant de la mesure de suivi et d'aide à la famille à une mesure de placement de l'enfant).

Avant de saisir le juge, les services du dĂ©partement (notamment l’aide sociale Ă  l’enfance - ASE) proposent des aides aux familles, avec leur accord.

Le juge des enfants n’intervient que dans l’un des cas suivants :

  • L’aide apportĂ©e n’est pas suffisante
  • L’aide est refusĂ©e
  • Ou l’aide est rendue impossible.

C’est ce qu’on appelle le principe de subsidiaritĂ© : cela signifie que le recours au juge est une solution de dernier recours, lorsque les autres dispositifs de protection ne permettent pas de garantir la sĂ©curitĂ© ou le bon dĂ©veloppement de l’enfant.

Situations qui justifient l'intervention du juge

L'intervention du juge doit ĂȘtre sollicitĂ©e lorsque l'un des risques graves suivants pĂšse sur le mineur :

  • Sa santĂ© physique
  • Sa santĂ© mentale ou psychologique (par exemple, troubles du comportement)
  • Sa sĂ©curitĂ© physique (par exemple, violences)
  • Sa sĂ©curitĂ© matĂ©rielle (par exemple, logement prĂ©caire)
  • Sa moralitĂ© (par exemple, exposition Ă  la dĂ©linquance)
  • Son Ă©ducation.

Personnes qui peuvent saisir le juge

Les personnes suivantes peuvent recourir au juge des enfants :

  • Enfant lui-mĂȘme
  • Parents de l'enfant agissant ensemble, ou l'un d'entre eux agissant seul
  • Tuteur ou famille d'accueil du mineur ou tout autre personne ayant la charge de l'enfant
  • Aide sociale Ă  l'enfance (Ase) ou tout autre service ayant la charge de l'enfance
  • Procureur de la RĂ©publique, qui est gĂ©nĂ©ralement prĂ©venu par les services du dĂ©partement ou par tout fonctionnaire tĂ©moin d'une infraction commise contre ou par l'enfant.

  À savoir

À titre exceptionnel, le juge peut dĂ©cider de lui-mĂȘme d'une mesure d'assistance Ă©ducative.

Procédure pour demander l'intervention du juge

La demande d'intervention du juge des enfants doit ĂȘtre faite via une requĂȘte dĂ©posĂ©e au tribunal judiciaire du domicile des parents ou de la famille d'accueil, du tuteur ou de tout autre personne ou service ayant la charge de l'enfant.

 Ă€ noter

S'il y a plusieurs enfants d'une mĂȘme famille habitant Ă  des endroits diffĂ©rents, l'affaire sera centralisĂ©e auprĂšs d'un seul juge des enfants.

Mesure de suivi et d'aide Ă  la famille

Le juge des enfants essaie, dans la mesure du possible, de maintenir l'enfant dans sa famille.

Il peut désigner une personne qualifiée ou un service spécialisé pour aider la famille.

La personne qualifiĂ©e est chargĂ©e d’accompagner l’enfant et sa famille au quotidien. Elle apporte des conseils Ă©ducatifs, un soutien personnalisĂ© et peut orienter la famille vers des services adaptĂ©s.

Le service spécialisé doit mettre en place un accompagnement social et éducatif de la famille pour assurer la santé, la sécurité et l'éducation de l'enfant.

L'enfant peut également bénéficier d'un accompagnement psychologique.

Quand l'enfant est suivi par un service spĂ©cialisĂ©, il peut y ĂȘtre hĂ©bergĂ© de façon exceptionnelle ou pĂ©riodique (1 semaine par mois par exemple).

Le juge peut soumettre l'enfant ou ses parents au respect de certaines obligations. Elles peuvent ĂȘtre les suivantes :

  • Suivre une scolaritĂ© (ĂȘtre inscrit dans un Ă©tablissement sanitaire ou d'Ă©ducation, y compris en internat)
  • Exercer une activitĂ© professionnelle par l'enfant, s'il est en Ăąge de travailler
  • Respecter un suivi psychologique ou mĂ©dical.

Si l'enfant est suivi par un service spécialisé, la mesure peut durer 2 ans maximum, renouvelable 1 fois.

Si l'enfant est suivi par une personne qualifiée, il n'y a pas de durée maximale.

Le juge peut également ordonner une aide à la gestion du budget familial, dont le but est de rétablir l'autonomie financiÚre de la famille ou une aide éducative à domicile dont le but est de restaurer les liens entre les parents et l'enfant.

Mesure d'assistance éducative en milieu ouvert (AEMO)

Le juge peut également ordonner une assistance éducative en milieu ouvert (AEMO).

Cette mesure permet d’intervenir auprĂšs de l’enfant et de ses parents sans les sĂ©parer, par un suivi Ă©ducatif renforcĂ© Ă  domicile.

Elle est mise en Ɠuvre par un service spĂ©cialisĂ© et vise Ă  aider les familles Ă  rĂ©soudre les difficultĂ©s mettant en danger l’enfant.

La durĂ©e est fixĂ©e par le juge (jusqu’à 2 ans, renouvelable), en fonction de la situation.

Mesure de placement

Le juge des enfants peut décider d'une mesure de placement dans les cas les plus graves.

Cette mesure ne retire pas l'autorité parentale aux parents de l'enfant.

Cette mesure est fixée pour une durée de 2 ans maximum, renouvelable 1 fois.

Toutefois, il est possible que les mesures soient ordonnées pour une durée supérieure si la situation de la famille l'exige.

Les parents peuvent obtenir un droit de visite.

Les frais occasionnĂ©s par la prise en charge du mineur doivent ĂȘtre payĂ©s par les parents, sauf dĂ©cision contraire du juge.

Mesure d'interdiction de sortie du territoire (IST)

Dans certaines situations, le juge peut restreindre temporairement la possibilitĂ© pour l’enfant de voyager Ă  l’étranger, pour assurer sa sĂ©curitĂ©.

Le juge des enfants a la facultĂ© d’ordonner une interdiction de sortie du territoire (IST) en parallĂšle d’une autre mesure d’assistance Ă©ducative. Tel peut ĂȘtre le cas par exemple lorsque l'enfant est placĂ© chez l'autre parent.

Ainsi, l'enfant ne pourra pas quitter la France sans l'autorisation du juge. L'accord de ses 2 parents ne suffira pas.

L’interdiction de sortie du territoire est prise pour une durĂ©e maximale de 2 ans.

Mesure de médiation familiale

Le juge des enfants peut ordonner une médiation familiale dans le cadre de l'assistance éducative.

Le juge des enfants doit informer les parents sur les dispositifs d’accompagnement mis en place par le dĂ©partement, et dont ils peuvent bĂ©nĂ©ficier. Il s'agit notamment :

  • de l'aide Ă  domicile,
  • de l'accueil en centre parental.

Pour que la mĂ©diation familiale puisse avoir lieu, les 2 conditions suivantes doivent ĂȘtre rĂ©unies :

  • Cette mesure doit obligatoirement accompagner une autre mesure d’assistance Ă©ducative (exemple : mesure de placement de l'enfant en famille d'accueil)
  • L'accord des parents est nĂ©cessaire.

 Ă€ noter

En cas de violence ou d'emprise d'un parent sur l'autre parent ou l'enfant, le recours à la médiation familiale est impossible, le but étant de protéger la ou les victime(s).

Le juge des enfants peut modifier lui-mĂȘme les mesures d'assistance Ă©ducative dĂ©jĂ  en place.

Cette modification peut Ă©galement ĂȘtre demandĂ©e par les personnes suivantes :

  • Enfant lui-mĂȘme
  • Parents, agissant ensemble ou sĂ©parĂ©ment, ou le tuteur de l'enfant
  • Personne ou service Ă  qui l'enfant a Ă©tĂ© confiĂ©
  • Procureur de la RĂ©publique

La demande doit ĂȘtre adressĂ©e au juge des enfants, gĂ©nĂ©ralement par courrier ou par dĂ©claration au greffe du tribunal judiciaire.

Le juge doit systématiquement :

  • Effectuer un entretien individuel avec l’enfant capable de discernement
  • Demander la dĂ©signation d’un avocat pour l’enfant capable de discernement ou d’un administrateur ad hoc pour l’enfant non capable de discernement, lorsque l’intĂ©rĂȘt de l’enfant l’exige.