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Question-réponse

Absence d'un salarié pour cause d'intempéries : quelles sont les rÚgles ?

Vérifié le 27/05/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Les conditions climatiques (pĂ©riodes de canicule, de neige, de gel, de verglas, de pluie, de vent fort, etc.) peuvent parfois empĂȘcher les salariĂ©s de travailler. Les rĂšgles diffĂšrent selon que le salariĂ© travaille dans le secteur du bĂątiment et des travaux publics (BTP) ou dans un autre secteur. Nous faisons le point sur la rĂ©glementation.

Le salariĂ© peut ĂȘtre dans l'impossibilitĂ© de se rendre au travail ou d'arriver Ă  l'heure en raison d'intempĂ©ries (tempĂȘte, fortes chutes de neige...). On parle de force majeure.

L'employeur n'est pas obligé de rémunérer le temps d'absence du salarié qui est dans l'impossibilité de se rendre au travail ou d'arriver à l'heure en raison d'intempéries.

Cependant, une convention ou un accord collectif peut prévoir des dispositions plus favorables en matiÚre de maintien de la rémunération.

Un simulateur permet de rechercher la convention collective avec le nom de l'entreprise ou son numéro Siret :

Outil de recherche
Trouver sa convention collective

Le montant retenu sur la paye du salariĂ© doit ĂȘtre strictement proportionnel Ă  la durĂ©e de l'absence.

Exemple

Un salariĂ© dont le contrat de travail est de 35 heures par semaine Ă  raison de 7 heures par jour. Le salariĂ© est absent une journĂ©e Ă  cause des intempĂ©ries. La retenue sur la paye du salariĂ© devra ĂȘtre de 7 heures.

Pour éviter une retenue sur salaire, l'employeur peut proposer, par exemple, une des solutions suivantes :

Pour éviter une retenue sur salaire, l'employeur peut proposer, par exemple, une des solutions suivantes :

Il peut également :

  • Faire rĂ©cupĂ©rer les heures perdues dans les 12 mois suivants, aprĂšs information de l'inspection du travail
  • Faire une demande d'activitĂ© partielle.

Dans le secteur du BTP, l'employeur peut dĂ©cider d'arrĂȘter un chantier en raison des intempĂ©ries lorsqu'elles rendent dangereux ou impossible l'accomplissement du travail.

Un salariĂ© en arrĂȘt de travail pour cause d'intempĂ©ries peut voir sa perte de salaire compensĂ©e, sous certaines conditions, par une indemnisation appelĂ©e chĂŽmage-intempĂ©ries.

L'employeur peut également décider de faire récupérer les heures.

 Attention :

Le salariĂ© qui est dans l'impossibilitĂ© de se rendre au travail en raison d'une intempĂ©rie ne peut pas ĂȘtre indemnisĂ© par le rĂ©gime de chĂŽmage-intempĂ©ries.

Les conditions atmosphériques (périodes de canicule, de neige, de gel, de verglas, de pluie et de vent fort) et les inondations qui rendent dangereux ou impossible le travail sont considérées comme des intempéries.

Cette impossibilitĂ© peut ĂȘtre liĂ©e Ă  la santĂ© ou Ă  la sĂ©curitĂ© des salariĂ©s, mais aussi Ă  la nature ou Ă  la technique du travail Ă  accomplir.

  À savoir

Les pĂ©riodes, pour lesquelles MĂ©tĂ©o-France Ă©met un seuil de vigilance orange ou vigilance rouge « canicule », permettent l'indemnisation des arrĂȘts de travail en raison des intempĂ©ries.

Connaßtre la liste des activités professionnelles concernées par le régime de chÎmage-intempéries

L'employeur dĂ©cide de l'arrĂȘt de travail, vĂ©rifie les droits des salariĂ©s et dĂ©clare l'arrĂȘt de travail.

Il déclare aussi les salaires à la caisse des congés payés et décide de la date de reprise du travail.

Lorsque le salarié quitte l'entreprise, il lui remet un certificat qui mentionne les journées de chÎmage-intempéries.

DĂ©cision de l'arrĂȘt de travail

L'arrĂȘt du travail en cas d'intempĂ©ries est dĂ©cidĂ© par l'employeur ou par son reprĂ©sentant sur le chantier aprĂšs consultation du comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) lorsqu'il existe dans l'entreprise.

Quand les travaux sont faits pour une administration, une collectivitĂ© publique, un service concĂ©dĂ© ou subventionnĂ©, le reprĂ©sentant du maĂźtre d'ouvrage peut s'opposer Ă  l'arrĂȘt du travail.

Vérification du droit du salarié à l'indemnité de chÎmage-intempéries

L'employeur doit vérifier que le salarié remplit les conditions exigées pour avoir droit aux indemnités intempéries.

Il doit notamment vérifier que le salarié a fait 200 heures de travail pendant les 2 derniers mois dans une entreprise du BTP.

De plus, il fait signer au salariĂ© une dĂ©claration du nombre de jours dĂ©jĂ  indemnisĂ©s depuis le 1er janvier au titre du chĂŽmage-intempĂ©ries. Cette dĂ©claration doit ĂȘtre transmise Ă  la caisse de congĂ©s payĂ©s avec la demande de remboursement.

DĂ©claration provisoire d'arrĂȘt de travail

L’employeur adresse une dĂ©claration provisoire d’arrĂȘt de travail à la Caisse de congĂ©s payĂ©s au plus tard 120 heures aprĂšs le dĂ©but de l’arrĂȘt dĂ» aux intempĂ©ries.

 Attention :

L’employeur peut ĂȘtre condamnĂ© Ă  2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende en cas de fausse dĂ©claration.

DĂ©claration dĂ©finitive d'arrĂȘt de travail

L'employeur adresse une dĂ©claration d'arrĂȘt de travail et de demande de remboursement des indemnitĂ©s versĂ©es aux salariĂ©s Ă  la caisse des congĂ©s payĂ©s. Un bordereau de cette dĂ©claration est Ă©tabli par la Caisse des congĂ©s payĂ©s du BTP :

Service en ligne
DĂ©clarer un arrĂȘt de travail et demander un remboursement intempĂ©ries

RĂ©gime d’indemnisation des salariĂ©s, professionnels du bĂątiment et des travaux publics, en cas d’arrĂȘt de travail occasionnĂ© par les intempĂ©ries

L'entreprise transmet au comité social et économique (CSE), à sa demande, les informations du bordereau concernant le nombre des heures perdues pour cause d'intempéries et leurs dates.

Le bordereau doit parvenir à la caisse de congés payés dans un délai de 1 mois à compter de la reprise du travail.

Déclaration des salaires à la caisse de congés payés

Les entreprises doivent adresser périodiquement et au moins tous les 3 mois à la caisse de congés payés une déclaration.

Cette déclaration comporte notamment l'état des salaires et appointements servant d'assiette à la cotisation.

Reprise du travail

La date de reprise de travail pour le salariĂ© mis en chĂŽmage-intempĂ©ries est dĂ©cidĂ©e par l'employeur ou le reprĂ©sentant du maĂźtre d'Ɠuvre sur les chantiers.

Elle est portée à la connaissance du salarié par un avis affiché au siÚge ou au bureau de l'entreprise ou à l'entrée du chantier.

Remise d'un certificat au salarié quittant l'entreprise

L'employeur délivre au salarié qui quitte l'entreprise un certificat.

Il précise le nombre d'heures et les périodes pendant lesquelles le salarié a perçu des indemnités chÎmage-intempéries pour l'année civile en cours durant laquelle il a été employé dans l'entreprise.

Lorsqu’il est placĂ© en chĂŽmage-intempĂ©ries, le salariĂ© reste Ă  la disposition de l’employeur et doit reprendre le travail dĂšs la rĂ©ouverture du chantier.

Disponibilité du salarié

En pĂ©riode de chĂŽmage-intempĂ©ries, le salariĂ© reste Ă  la disposition de l'entreprise qui l'employait au moment de l'arrĂȘt de travail pendant toute la pĂ©riode de l'inactivitĂ© du chantier.

Le salariĂ© perd son droit Ă  indemnisation s'il refuse de faire les travaux qui lui sont demandĂ©s par son entreprise, lorsque ces travaux peuvent ĂȘtre accomplis pendant l'intempĂ©rie. C'est le cas notamment si les travaux peuvent ĂȘtre faits en atelier ou bureau.

L'employeur qui occupe le salariĂ© pendant l'intempĂ©rie lui maintient, pendant la durĂ©e des travaux, le salaire qu'il percevait avant l'arrĂȘt de travail dĂ» aux intempĂ©ries.

Les heures ainsi rémunérées sont déduites des heures chÎmées donnant lieu à indemnisation.

  À savoir

Les salariĂ©s en arrĂȘt pour cause d'intempĂ©ries peuvent ĂȘtre mis, par leur entreprise, Ă  la disposition de collectivitĂ©s publiques pour faire des travaux d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Reprise du travail

La date de reprise de travail est portée à la connaissance du salarié par un avis affiché au siÚge ou au bureau de l'entreprise ou à l'entrée du chantier.

Le salarié qui ne reprend pas le travail dÚs la réouverture du chantier cesse d'avoir droit à l'indemnité à partir de la date de cette réouverture.

Tous les salariĂ©s des entreprises qui cotisent au rĂ©gime de chĂŽmage-intempĂ©ries peuvent ĂȘtre indemnisĂ©s quels que soient le montant et la nature de leur rĂ©munĂ©ration.

Pour ĂȘtre indemnisĂ©s, les salariĂ©s doivent travailler sur le chantier arrĂȘtĂ© pour cause d'intempĂ©ries.

Les salariés temporaires mis à disposition d'une entreprise du BTP sont indemnisés par l'entreprise de travail temporaire.

Cette indemnitĂ© est due quand les salariĂ©s, de l'entreprise utilisatrice, qui travaillent sur le mĂȘme chantier sont payĂ©s en chĂŽmage-intempĂ©ries.

Des conditions de durĂ©e minimale de travail et de dĂ©lai de carence doivent ĂȘtre respectĂ©es.

Il y a Ă©galement une limite au nombre d’heures qui peuvent ĂȘtre indemnisĂ©es et une limite au montant de l’indemnisation.

Durée minimale de travail effectué

Les salariĂ©s peuvent avoir une indemnitĂ© pour le chĂŽmage-intempĂ©ries s'ils ont fait au moins 200 heures de travail au cours des 2 mois prĂ©cĂ©dant l'arrĂȘt de travail.

Délai de carence

L'indemnitĂ© journaliĂšre d'intempĂ©ries est due pour chaque heure perdue Ă  partir de la 2e au cours d'une mĂȘme semaine ou au cours d'une pĂ©riode continue d'arrĂȘt.

Limites d'indemnisation

Le nombre maximum d'heures de travail pouvant ĂȘtre indemnisĂ©es est fixĂ© Ă  9 heures par jour dans la limite de 45 heures par semaine.

Le salariĂ© ne doit pas, depuis le 1er janvier de l’annĂ©e, avoir Ă©tĂ© indemnisĂ©s plus de 55 jours au titre du chĂŽmage-intempĂ©ries.

La limite d'indemnisation est fixée à 75 % du salaire.

L'indemnité journaliÚre d'intempéries est versée au salarié par son entreprise à la date normale de la paie.

Elle n'est pas due au salarié momentanément inapte.

Elle ne se cumule pas avec les indemnités journaliÚres d'accident du travail, de maladie, des assurances sociales et de congés payés.

Elle ne se cumule pas avec une indemnité de chÎmage.

Elle n'est plus due dans le cas oĂč le salariĂ© exerce une autre activitĂ© salariĂ©e pendant la pĂ©riode d'arrĂȘt du travail.

Les travailleurs qui n'auraient pas repris dÚs la reprise d'activité du chantier cesseront d'avoir droit à toute indemnisation.

  À savoir

Les travailleurs qui exercent une autre activitĂ© salariĂ©e pendant la pĂ©riode d'arrĂȘt de travail indemnisĂ©e par le chĂŽmage-intempĂ©ries doivent rembourser les sommes perçues Ă  l’employeur. Ce dernier les reverse ensuite Ă  la caisse de congĂ©s payĂ©s intĂ©ressĂ©e.

L'entreprise est remboursée par les caisses de congés payés des indemnités versées à ses salariés.

L'employeur ne peut pas licencier un salarié au cours de la période d'inactivité du chantier sur lequel celui-ci est employé.

Cette interdiction ne s'applique pas en cas de faute grave de l'intĂ©ressĂ© ou en cas d'arrĂȘt des travaux par le maĂźtre d'Ɠuvre dans les chantiers de travaux publics.