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Fiche pratique

Heures supplémentaires d'un salarié du secteur privé

Vérifié le 08/06/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Qu'est-ce qu'une heure supplémentaire ? Le salarié est-il libre d'effectuer des heures supplémentaires et comment lui sont-elles payées ? Nous vous présentons le dispositif selon que vous travaillez à temps plein ou à temps partiel.

Toute heure de travail accomplie, à la demande de l'employeur, au-delà de la durée légale (35 heures par semaine ou 1 607 heures par an) est une heure supplémentaire.

Les heures supplémentaires effectuées donnent droit au salarié à une rémunération plus favorable (taux horaire majoré) ou à un repos compensateur équivalent à la majoration.

Certaines heures supplémentaires donnent également droit à une contrepartie obligatoire en repos.

  • Le salariĂ© peut ĂȘtre amenĂ© Ă  effectuer des heures supplĂ©mentaires Ă  la demande de son employeur.

  • Le cadre dirigeant n'est pas concernĂ© par les heures supplĂ©mentaires.

  • Le salariĂ© travaillant en forfait en jours n'est pas concernĂ© par les heures supplĂ©mentaires.

Á la demande de l'employeur

Les heures supplémentaires sont effectuées à la demande (écrite ou orale) de l'employeur.

En principe, le salarié ne peut pas refuser d'effectuer des heures supplémentaires décidées par l'employeur.

 Ă€ noter

Le salariĂ© ne peut pas ĂȘtre sanctionnĂ© s'il refuse exceptionnellement d'effectuer des heures supplĂ©mentaires demandĂ©es par l'employeur parce qu'il n'a pas Ă©tĂ© prĂ©venu suffisamment tĂŽt.

À la demande du salariĂ©

Le salarié ne peut pas prétendre au paiement d'heures supplémentaires accomplies si elles n'ont pas été demandées par l'employeur.

Toutefois, les heures supplĂ©mentaires sont dues s’il est Ă©tabli que la rĂ©alisation de telles heures a Ă©tĂ© rendue nĂ©cessaire par les tĂąches qui ont Ă©tĂ© confiĂ©es au salariĂ©.

Dans ce cas, le paiement des heures supplémentaires réalisées ne peut pas dépendre du respect par le salarié d'une procédure d'accord préalable de l'employeur.

L'accord de l'employeur peut donc ĂȘtre implicite. L'employeur donne son accord implicite lorsqu'il valide la rĂ©alisation d'heures supplĂ©mentaires enregistrĂ©es par le salariĂ© dans le logiciel de pointage.

Exemple

L'employeur est informé par le salarié qu'il doit faire face à un surcroßt d'activité. En ne l'en déchargeant pas, il ne s'oppose pas à l'exécution d'heures supplémentaires.

Les heures supplĂ©mentaires peuvent ĂȘtre accomplies dans la limite d'un certain nombre d'heures effectuĂ©es par an.

Cette limite d'heures est appelée contingent annuel.

Le nombre d'heures prévu dans le contingent annuel est défini par convention collective ou accord collectif d'entreprise ou accord de branche étendu.

Si aucun de ces 3 accords n'existe dans l'entreprise, le nombre maximal d'heures supplémentaires est de 220 heures par salarié et par an.

Les heures supplémentaires sont comptabilisées par semaine civile.

Le salarié peut effectuer des heures supplémentaires au-delà du contingent annuel. Les conditions d'accomplissement de ces heures sont alors fixées par convention collective ou accord collectif d'entreprise ou accord de branche étendu.

Toutefois, le salarié qui effectue des heures supplémentaires ne doit pas dépasser la durée maximale hebdomadaire de travail.

Certaines heures effectuées au-delà de la durée légale du travail ne sont pas considérées comme des heures supplémentaires. C'est le cas dans les cas suivants :

  • Soit s'il s'agit d'heures effectuĂ©es pour certains travaux urgents (organisation de mesures de sauvetage, prĂ©vention, accidents imminents)
  • Soit s'il s'agit d'heures effectuĂ©es au-delĂ  du contingent et ouvrant droit Ă  une contrepartie en repos obligatoire en plus du repos compensateur acquis.

Le taux de rémunération des heures supplémentaires dépend de l'application ou non d'une convention collective ou d'un accord collectif d'entreprise ou d'un accord de branche étendu.

  • La convention collective ou l'accord collectif d'entreprise ou l'accord de branche Ă©tendu fixe le taux de rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires accomplies au-delĂ  de la durĂ©e lĂ©gale hebdomadaire.

    Un simulateur permet de connaitre le taux de majoration des heures supplémentaires dans une convention collective :

    Simulateur
    Savoir ce que la convention collective prĂ©voit concernant les contreparties en cas d’heures supplĂ©mentaires d’un salariĂ©

    AccĂ©der au simulateur  

    MinistÚre chargé du travail

    La rémunération fait l'objet d'un ou plusieurs taux de majoration en fonction du nombre d'heures effectuées.

    Chaque taux est au minimum fixé à 10 %.

    La majoration s'applique sur le montant brut du salaire.

     Ă€ noter

    Les heures supplémentaires (effectuées de jour ou de nuit) sont décomptées par semaine civile.

    La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires peut ĂȘtre remplacĂ©e, en tout ou partie, par un repos compensateur Ă©quivalent.

    Dans ce cas, la durée de ce repos est équivalente à la rémunération majorée.

    Exemple

    Une heure supplémentaire payée en principe à un taux majoré de 50 % donne lieu à un repos compensateur équivalent (soit 1 heure 30).

  • En l'absence de dispositions conventionnelles, les heures accomplies au-delĂ  de la durĂ©e lĂ©gale hebdomadaire sont majorĂ©es de :

    • 25 % pour les 8 premiĂšres heures supplĂ©mentaires travaillĂ©es dans la mĂȘme semaine (de la 36e Ă  la 43e heure)
    • 50 % pour les heures suivantes (Ă  partir de la 44e heure)

    La majoration s'applique sur le montant brut du salaire.

     Ă€ noter

    Les heures supplémentaires (effectuées de jour ou de nuit) sont décomptées par semaine civile.

    La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires peut ĂȘtre remplacĂ©e, en tout ou partie, par un repos compensateur Ă©quivalent.

    Dans ce cas, la durée de ce repos est équivalente à la rémunération majorée.

    Exemple

    Une heure supplémentaire payée en principe à un taux majoré de 50 % donne lieu à un repos compensateur équivalent (soit 1 heure 30).

Les heures supplémentaires accomplies donnent droit à une contrepartie sous forme de repos pour le salarié.

La contrepartie en repos s'ajoute à la majoration salariale des heures supplémentaires ou au repos compensateur.

La contrepartie sous forme de repos est mise en place Ă  des conditions qui varient selon que ces heures sont accomplies dans la limite du contingent annuel d'heures supplĂ©mentaires pouvant ĂȘtre effectuĂ©es ou au-delĂ .

  • Une contrepartie en repos est possible si elle est prĂ©vue par convention collective ou accord collectif d'entreprise ou accord de branche Ă©tendu.

  • Une contrepartie en repos est obligatoire pour toute heure supplĂ©mentaire accomplie au-delĂ  du contingent.

    La contrepartie est fixée à :

    • Soit Ă  50 % des heures supplĂ©mentaires accomplies au-delĂ  du contingent pour les entreprises de 20 salariĂ©s au plus
    • Soit Ă  100 % de ces mĂȘmes heures si l'entreprise emploie plus de 20 salariĂ©s

    Une contrepartie plus importante peut ĂȘtre fixĂ©e par dispositions conventionnelles.

    En l'absence de dispositions conventionnelles, le salarié peut prendre une journée entiÚre ou une demi-journée de repos, à sa convenance, dÚs lors que la contrepartie obligatoire en repos a atteint 7 heures.

    Le salarié adresse sa demande de prise de repos à l'employeur au moins 1 semaine à l'avance.

    La demande précise la date et la durée du repos.

    Dans les 7 jours suivant la réception de la demande, l'employeur informe le salarié de son accord.

    En cas de désaccord, l'employeur ne peut pas différer la prise du repos plus de 2 mois.

Sauf dispositions conventionnelles ou usages prévus dans l'entreprise, les heures non effectuées du fait d'un jour férié ne sont pas assimilées à du temps de travail effectif pour le décompte des heures supplémentaires.

Cela signifie que, si le salarié a été absent une partie de la semaine et qu'il a fait plus de 35 heures dans cette semaine (soit la durée légale hebdomadaire du travail), il n'a pas effectué d'heures supplémentaires.

Les heures effectuées au-delà de la 35e heure ne sont pas majorées et sont payées au taux normal dans ce cas.

Exemple

Un salarié travaille 35 heures par semaine, du lundi au vendredi, à raison de 7 heures par jour. Il effectue les horaires suivants : lundi 8 heures, mardi 8 heures, mercredi jour férié (habituellement, le salarié travaille 7 heures), jeudi 8 heures, vendredi 8 heures. On décompte alors 39 heures (32 heures + 7 heures au titre du jour férié) réparties en 35 heures à taux normal (soit la durée légale hebdomadaire du travail) + 4 heures non supplémentaires à taux normal. L'employeur peut toutefois appliquer un décompte plus favorable au salarié en considérant ces 4 derniÚres heures comme étant des heures supplémentaires.

Lorsque la durĂ©e du travail est dĂ©comptĂ©e Ă  la semaine ou sur 2 semaines dans l’entreprise, les congĂ©s payĂ©s pris durant cette pĂ©riode sont considĂ©rĂ©s comme du temps de travail effectif pour le dĂ©compte des heures supplĂ©mentaires.

Cela signifie que, si le salariĂ© a Ă©tĂ© absent une partie de la semaine du fait de congĂ©s payĂ©s, les heures qu’il aurait dĂ» effectuer s’il n’avait pas Ă©tĂ© en congĂ©s payĂ©s sont prises en compte pour le calcul des heures supplĂ©mentaires.

Exemple

Un salarié travaille habituellement 35 par semaine (7 heures par jour du lundi au vendredi). La durée du travail est décomptée à la semaine civile dans son entreprise. La semaine du 18 au 24 mai, il a travaillé 33 heures et a pris 1 jour de congé payé le vendredi. Habituellement, il travaille 7 heures le vendredi.

Pour le dĂ©compte des heures supplĂ©mentaires, on prend en compte le temps de travail effectif 33 heures ainsi que les 7 heures qu’il aurait du effectuer s’il n’avait pas Ă©tĂ© en congĂ© payĂ© le vendredi. Il aura donc effectuĂ© cette semaine 40 heures (33 heures + 7 heures). Il dĂ©passe le seuil dĂ©clenchement des heures supplĂ©mentaires fixĂ© Ă  35 heures.

Oui, la rémunération et le taux des heures supplémentaires doivent figurer sur la fiche de paie du salarié.

Le salariĂ© doit percevoir le montant des heures supplĂ©mentaires effectuĂ©es Ă  la mĂȘme date que son salaire habituel.

Lorsqu'une semaine est à cheval sur 2 mois, le paiement des heures supplémentaire est reporté sur la prochaine fiche de paie.

Les heures supplĂ©mentaires effectuĂ©es en 2022 (et reportĂ©es sur la dĂ©claration de revenus de 2023) sont exonĂ©rĂ©es de l'impĂŽt sur le revenu dans une limite de 7 500 € par an.

Les heures supplémentaires au-delà de ce plafond seront soumises à l'impÎt.

Exemple

Vos heures supplĂ©mentaires vous ont rapportĂ© 1 500 € brut (soit 1 215 € net fiscal) en 2022. Ce montant est exonĂ©rĂ© d'impĂŽt.

Vos heures supplĂ©mentaires vous ont rapportĂ© 9 800 € brut (soit 7 938 € net fiscal) en 2022. Le montant imposable est de 438 € (7 938 € - 7 500 €).

Les heures supplĂ©mentaires exonĂ©rĂ©es sont prĂ©remplies dans la dĂ©claration de revenus de 2023. Il convient de s’assurer que le montant reportĂ© est correctement mentionnĂ©.

Les heures supplémentaires effectuées sont exonérées des cotisations salariales d'assurance vieillesse de base et complémentaire dans la limite de 11,31 % du salaire.

 Ă€ noter

Le calcul de la réduction de cotisations sociales est appliqué directement sur la fiche de paie par l'employeur.

En cas de non-paiement de ses heures supplémentaires ou de non-prise en compte de ses contreparties en repos, le salarié peut signaler le manquement à son employeur par lettre avec RAR et lui demander d'effectuer un rappel de salaire.

Le salarié peut également se rapprocher des représentants du personnel, s'ils existent dans l'entreprise.

En cas de non-rÚglement du litige, le salarié peut saisir l'inspection du travail et/ou le conseil de prud'hommes (CPH).

 Ă€ noter

Le salarié peut apporter tout élément justifiant de la réalisation d'heures supplémentaires (relevé d'heures par systÚme de pointage, courriels, agenda, etc.).

Le salariĂ© Ă  temps partiel peut ĂȘtre amenĂ© Ă  travailler au-delĂ  de la durĂ©e de travail prĂ©vue au contrat.

Dans ce cas, le salarié effectue des heures complémentaires.

Il ne s'agit pas d'heures supplémentaires.

Nombre d'heures complĂ©mentaires pouvant ĂȘtre effectuĂ©es

Les heures complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre effectuĂ©es dans la limite de 1/10e de la durĂ©e hebdomadaire ou mensuelle de travail prĂ©vue dans le contrat.

Exemple

si le contrat prévoit une durée de travail de 30 heures hebdomadaires, le salarié peut effectuer 3 heures complémentaires au maximum.

Toutefois, elle peut ĂȘtre portĂ©e Ă  1/3 de la durĂ©e hebdomadaire ou mensuelle par dispositions conventionnelles.

Rémunération des heures complémentaires

Toute heure complémentaire accomplie donne lieu à une majoration de salaire.

Le taux de majoration d'une heure complĂ©mentaire peut ĂȘtre fixĂ© par dispositions conventionnelles.

Le taux de majoration est fixé à :

  • Soit 10 % pour chaque heure complĂ©mentaire accomplie dans la limite de 1/10e de la durĂ©e de travail fixĂ© dans le contrat
  • Soit 25 % pour chaque heure accomplie au-delĂ  de 1/10e (et dans la limite de 1/3)
Droit au refus du salarié

Le salarié a le droit de refuser d'effectuer des heures complémentaires :

  • S'il est informĂ© moins de 3 jours avant la date Ă  laquelle les heures complĂ©mentaires sont prĂ©vues
  • Ou si les heures complĂ©mentaires sont accomplies au-delĂ  des limites fixĂ©es par le contrat de travail

Le refus du salarié pour l'un de ces motifs n'est pas une faute ou un motif de licenciement.

Par contre, le salarié ne peut pas refuser d'effectuer les heures complémentaires s'il est informé au moins 3 jours avant et que les heures sont effectuées dans les limites prévues au contrat.

Dans ce cas, le refus du salarié constitue une faute pouvant justifier une sanction disciplinaire (avertissement, mise à pied...) ou, en fonction des circonstances, un licenciement pour faute.