AccĂšs directs

Consultation du solde de points de permis de conduire

Question-réponse

La « kafala » est-elle reconnue en France ?

Vérifié le 08/09/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Oui, le recueil lĂ©gal ou "kafala" peut ĂȘtre reconnu en France. Il s'agit d'une mesure de protection Ă©trangĂšre qui permet Ă  une personne seule ou Ă  un couple de prendre en charge un enfant mineur. Cette procĂ©dure ne crĂ©e pas de lien de filiation entre le recueillant et le recueilli. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

La "kafala" n'est pas une adoption. Ce systÚme étranger n'a pas d'équivalent en droit français.

C'est un systÚme permettant, dans certains pays musulmans, de recueillir des enfants pendant leur minorité de maniÚre bénévole pour participer à leur protection, leur entretien et leur éducation. Une personne seule ou un couple marié peut prendre en charge un enfant.

La "kafala" peut ĂȘtre notariale : elle est prononcĂ©e par un notaire.

La "kafala" peut Ă©galement ĂȘtre judiciaire : la dĂ©cision est rendue par un juge.

 Attention :

Certains pays musulmans tels que la Tunisie, l'Indonésie ou la Turquie acceptent l'adoption.

La « kafala » n'équivaut pas à une adoption simple ou pléniÚre, qui est seule pouvant créer un lien de filiation.

L'enfant recueilli conserve des liens avec sa famille d'origine.

Dans certains pays, la "kafala" conduit automatiquement à une délégation de l'autorité parentale.

Dans d'autres pays, la "kafala" prononcée par un juge donne automatiquement l'autorité parentale à l'adulte recueillant.

Pour les enfants abandonnés, sans filiation connue ou orphelins, la "kafala" produit en France des effets comparables à ceux d'une tutelle.

Pour les enfants avec une filiation établie et des parents vivants, les effets sont ceux d'une délégation d'autorité parentale totale ou partielle.

La dĂ©cision judiciaire de recueil lĂ©gal est reconnue sur le territoire français sans qu’il n’y ait besoin d’exercer une autre procĂ©dure.

Il est possible de demander l'exequatur d'une décision judiciaire de « kafala » afin de la rendre applicable en France.

L'exequatur se demande devant le tribunal judiciaire du lieu de résidence de l'enfant recueilli.

OĂč s’adresser ?

Le contrÎle exercé par le tribunal varie selon qu'il existe ou non une convention avec le pays dont émane la décision.

  À savoir

Le jugement d'exequatur permet aux personnes qui ont recueilli l'enfant de prouver plus facilement, à l'aide d'une décision française, le rapport qui les unit à l'enfant et sa prise en charge. Par exemple, pour l'octroi de prestations sociales, d'une bourse.

La "kafala" ne permet pas un droit particulier à l'accÚs du mineur sur le territoire français.

Les enfants recueillis par "kafala" restent soumis aux rÚgles sur l'entrée et le séjour des mineurs étrangers en France, sauf pour l'Algérie et le Maroc pour lesquels il existe des rÚgles spécifiques.

"Kafala" algérienne

La décision judiciaire de "kafala" ouvre droit au regroupement familial.

"Kafala" marocaine

Le regroupement familial peut ĂȘtre demandĂ©.

Cependant, lorsque le prĂ©fet prend sa dĂ©cision, il doit s'assurer qu'un refus de regroupement familial ne porte pas atteinte Ă  l'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l'enfant.

L'enfant recueilli par "kafala" et qui est élevé en France par une personne de nationalité française depuis au moins 3 ans peut réclamer la nationalité française par déclaration.

La demande se fait devant le directeur de greffe des services judiciaires du tribunal judiciaire ou de proximité de son lieu de résidence.

En principe, l'adoption d'un enfant Ă©tranger ne peut pas ĂȘtre prononcĂ©e en France si la loi de l’Etat dont il possĂšde la nationalitĂ© l'interdit. Il en est de mĂȘme pour l'adoptant.

L’enfant Ă©tranger nĂ© Ă  l'Ă©tranger et recueilli par "kafala" ne peut pas bĂ©nĂ©ficier en France d'une adoption.

Toutefois, l'enfant ayant fait l'objet d'un recueil lĂ©gal (« kafala ») et devenu français par dĂ©claration peut ĂȘtre adoptĂ©.

L'adoption prononcĂ©e peut ĂȘtre simple lorsque l'enfant a toujours son ou ses parents. L'adoption peut ĂȘtre plĂ©niĂšre si l'enfant est orphelin ou abandonnĂ©.

L'adoption suppose que ses parents d'origine ou son représentant légal y consentent expressément s'ils sont connus ou vivants.

Si les parents sont décédés ou dans l'impossibilité de manifester leur volonté ou s'ils ont perdu leurs droits d'autorité parentale, le consentement est donné par le conseil de famille devant le juge. Il s'agit du juge aux affaires familiales, statuant en matiÚre de tutelle des mineurs, du tribunal judiciaire du lieu de la résidence habituelle de l'enfant).

Pour en savoir plus