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Fiche pratique

ContrÎleur général des lieux de privation de liberté

Vérifié le 30/03/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

Le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© (CGLPL) est une autoritĂ© administrative indĂ©pendante qui intervient pour mettre fin Ă  une atteinte aux droits fondamentaux des personnes privĂ©es de libertĂ©. Le CGLPL a le pouvoir d'inspecter les Ă©tablissement privatifs de libertĂ© mis en cause. Si vous ĂȘtes privĂ© de libertĂ© ou que vous constatez une violation des droits d’une personne privĂ©e de libertĂ©, vous pouvez saisir le CGLPL. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© peut ĂȘtre saisi d'une situation :

Savoir ce qu’est un lieu de privation de libertĂ©

Plusieurs situations peuvent justifier l'intervention du CGLPL. C'est le cas, par exemple, lorsque :

  • Les conditions de dĂ©tention ou d'hospitalisation sont contraires aux droits fondamentaux des personnes privĂ©es de libertĂ© (mauvaises conditions d'hygiĂšne, mauvais accueil des arrivants, surpopulation en prison, etc.)
  • La personne concernĂ©e rencontre des difficultĂ©s dans l’accĂšs aux soins, au travail, Ă  la formation ou aux activitĂ©s culturelles
  • La santĂ© et/ou la sĂ©curitĂ© de la personne privĂ©e de libertĂ© sont menacĂ©es (menaces ou violences de la part d’autres dĂ©tenus ou de la part du personnel de l'Ă©tablissement)
  • La personne privĂ©e de libertĂ© est transfĂ©rĂ©e dans un Ă©tablissement Ă©loignĂ© du domicile de ses proches de sorte qu’ils ne peuvent lui rendre visite rĂ©guliĂšrement.

  À savoir

Le CGLPL ne peut pas intervenir dans le cadre d'une procédure en cours ou pour évaluer la pertinence d'un jugement de condamnation ou d'une décision du juge de l'application des peines.

Si vous ĂȘtes privĂ© de libertĂ© et que vous estimez avoir subi une atteinte Ă  vos droits fondamentaux, vous pouvez saisir le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ©.

Par ailleurs, le CGLPL peut ĂȘtre saisi par les personnes suivantes :

  • Un membre de votre famille
  • Votre avocat
  • Un tĂ©moin
  • Un membre du personnel intervenant dans l'Ă©tablissement dans lequel une atteinte (ou un risque d'atteinte) aux droits fondamentaux semble avoir Ă©tĂ© commis
  • Une personne morale (par exemple, une association) ayant pour objet le respect des droits fondamentaux
  • Les ministĂšres, les dĂ©putĂ©s, les sĂ©nateurs, les bĂątonniers, etc.

Le CGLPL peut également s'auto-saisir.

  À savoir

Quel que soit votre statut, vous ne pouvez pas ĂȘtre sanctionnĂ© pour avoir saisi le CGLPL et/ou lui avoir fourni des informations et des documents dont il a besoin dans le cadre de sa mission.

Le CGLPL peut ĂȘtre saisi par voie Ă©lectronique, par courrier postal ou lors des visites qu'il organise dans un lieu de privation de libertĂ©.

  • Vous pouvez saisir le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© en ligne :

    Service en ligne
    Saisir le contrÎleur général des lieux de privation de liberté

    AccĂ©der au service en ligne  

    ContrÎleur général des lieux de privation de libertés

    Les informations que vous fournissez par voie Ă©lectronique sont enregistrĂ©es informatiquement. Toutefois, elles ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ©es par le CGLPL.

  • Vous pouvez saisir la contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© en lui adressant un courrier postal.

    Ce courrier doit mentionner :

    Si vous le prĂ©cisez dans votre demande, le CGLPL doit s’abstenir de rĂ©vĂ©ler votre nom au cours de son enquĂȘte.

    OĂč s’adresser ?

    ContrÎleur général des lieux de privation de liberté

    12 rue Henri Rol-Tanguy

    CS 30026

    93109 MONTREUIL CEDEX

      À savoir

    Les courriers Ă©changĂ©s entre une personne privĂ©e de libertĂ© et le CGLPL ne peuvent pas ĂȘtre contrĂŽlĂ©s par le personnel de l'Ă©tablissement privatif de libertĂ©.

  • Lors des visites du CGLPL, les personnes privĂ©es de libertĂ©, leurs proches ou les membres du personnel de l'Ă©tablissement peuvent demander Ă  s'entretenir avec lui ou avec l'un des contrĂŽleurs de son Ă©quipe.

    Lors de cet échange, il est possible d'exposer les motifs laissant penser qu'une atteinte aux droits fondamentaux d'une personne privée de liberté a eu lieu.

    Ce type d'entretien est confidentiel.

    Néanmoins, si le CGLPL a obtenu l'accord de la personne privée de liberté, il peut évoquer sa situation avec les autorités compétentes (exemple : chef d'un établissement pénitentiaire, médecin).

Lorsque les faits portĂ©s Ă  sa connaissance semblent ĂȘtre attentatoires aux droits fondamentaux d’une personne privĂ©e de libertĂ©, le CGLPL peut visiter l'Ă©tablissement privatif de libertĂ© concernĂ© et faire des vĂ©rifications sur place, puis mener une enquĂȘte.

Visites

Le contrÎleur général des lieux de privations de liberté peut choisir librement les établissement qu'il visite, en tenant compte des signalements d'atteinte aux droits fondamentaux qui lui ont été transmis.

Les visites peuvent intervenir dans tous les lieux de privation de liberté situés sur le territoire français (y compris à Mayotte, dans les ßles Wallis et Futuna, dans les Terres australes et antarctiques françaises, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie).

Ces visites peuvent ĂȘtre faites de jour comme de nuit, la semaine ou le week-end.

Elles peuvent ĂȘtre programmĂ©es ou, au contraire, avoir lieu sans que le responsable de l'Ă©tablissement ait Ă©tĂ© prĂ©alablement prĂ©venu.

Il est impossible de s'opposer à une visite du CGLPL sauf pour un motif lié à la défense nationale, à la sécurité publique ou à une catastrophe naturelle.

Dans ces cas, les responsables du lieu de privation de liberté doivent organiser une autre visite.

EnquĂȘte

Lors de ces visites, le CGLPL peut s'entretenir avec toute personne capable de lui apporter des informations sur l'atteinte (ou le risque d'atteinte) aux droits fondamentaux qui lui a été signalé.

Ces échanges ont lieu de maniÚre confidentielle.

Le CGLPL peut également demander des renseignements et des documents aux responsables de l'établissement ou à toute personne en capacité de l'éclairer sur la situation.

En principe, ces informations et justificatifs doivent obligatoirement lui ĂȘtre remis dans un dĂ©lai qu'il fixe.

Toutefois, les responsables de l'Ă©tablissement privatif de libertĂ© peuvent refuser de communiquer ces renseignements et documents s'ils justifient d'un motif grave (exemple : secret liĂ© Ă  la dĂ©fense nationale, secret professionnel de l'avocat, secret de l'enquĂȘte ou de l'instruction).

  À savoir

Le CGLPL peut aussi avoir accÚs aux renseignements concernant l'état de santé d'une personne privée de liberté, si elle a donné son accord.

AprÚs chaque visite, le CGLPL adresse un rapport de visite aux ministres dont dépend l'établissement mis en cause.

Ce rapport concerne principalement l'état, l'organisation ou le fonctionnement du lieu de privation de liberté.

S'il a constaté une atteinte grave auxdroits fondamentaux des personnes privées de liberté, il transmet des recommandations aux autorités compétentes (exemple : chef d'un établissement pénitentiaire).

Ces autorités doivent lui répondre dans un délai qu'il fixe.

À l'issue de ce dĂ©lai, le CGLPL vĂ©rifie s'il a Ă©tĂ© mis fin, ou non, Ă  la violation des droits fondamentaux qui lui a Ă©tĂ© signalĂ©e.

 Ă€ noter

Ces rapports et recommandations peuvent ĂȘtre rendus publics.

S'il a connaissance de faits qui pourraient constituer une infraction (exemple : violences sur un détenu), le CGLPL alerte le procureur de la République.

Si un agent public a commis un acte qui peut entraßner des poursuites disciplinaires, le CGLPL avertit les instances disciplinaires de l'établissement concerné.

Le procureur de la République et les instances disciplinaires doivent informer le CGLPL des suites qu'ils ont donné à sa démarche.