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Fiche pratique

Copropriété : travaux et aménagements dans l'appartement du propriétaire occupant

Vérifié le 18/02/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Les travaux ou amĂ©nagements rĂ©alisĂ©s dans un appartement concernent les parties privatives de l’immeuble, c’est-Ă -dire les espaces rĂ©servĂ©s Ă  l’usage exclusif du propriĂ©taire. Par consĂ©quent, ces travaux sont Ă  la charge du copropriĂ©taire qui les entreprend ou les fait rĂ©aliser. MĂȘme si le propriĂ©taire dispose en principe de la libertĂ© d’amĂ©nager son logement, il est essentiel de dĂ©terminer si les travaux envisagĂ©s ont un impact sur les parties communes ou modifient l’aspect extĂ©rieur de l’immeuble. Dans ce cas, des rĂšgles spĂ©cifiques s'appliquent. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Les parties privatives sont les Ă©lĂ©ments d’un immeuble rĂ©servĂ©s Ă  l’usage exclusif d’un copropriĂ©taire. Elles sont dĂ©finies par le rĂšglement de copropriĂ©tĂ©, qui en donne une liste complĂšte.

Par exemple, il peut s'agir des cloisons non porteuses, des portes intĂ©rieures, des fenĂȘtres ou des volets, des installations Ă©lectriques, sanitaires, des revĂȘtements de sol ou des Ă©quipements intĂ©rieurs (cuisine, salle de bain, placards intĂ©grĂ©s).

Chaque copropriétaire use et dispose librement des parties privatives comprises dans son lot. Le propriétaire peut donc, en principe, faire des travaux dans son appartement sans avoir besoin d'une autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires.

Il existe 2 limites à la liberté de réaliser des travaux dans les parties privatives, à savoir :

  • La destination de l'immeuble et les stipulations du rĂšglement de copropriĂ©tĂ©
  • Les droits des autres copropriĂ©taires.

Destination de l'immeuble

La destination de l'immeuble correspond Ă  ce pour quoi un immeuble a Ă©tĂ© construit. Elle se dĂ©termine par plusieurs Ă©lĂ©ments, dont notamment les stipulations du rĂšglement de copropriĂ©tĂ©, les qualitĂ©s de l'immeuble (architecture, matĂ©riaux de construction, finitions, standing, niveau social, usage – habitation, mixte, commercial
), sa situation gĂ©ographique ou environnementale.

Cette destination de l'immeuble s'impose à tous les copropriétaires.

Les travaux sur les parties privatives doivent donc se conformer Ă  la destination de l'immeuble. Par exemple, si l'immeuble est exclusivement Ă  usage d'habitation, un appartement ne peut pas ĂȘtre transformĂ© en local commercial.

  À savoir

La réalisation de travaux portant atteinte à la destination de l'immeuble nécessite l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Cette décision est adoptée à l'unanimité.

Le rĂšglement de copropriĂ©tĂ© peut Ă©galement contenir une clause sur « l'harmonie de l'immeuble ». Cette clause oblige le copropriĂ©taire Ă  respecter l'esthĂ©tique d'ensemble du bĂątiment. C'est par exemple le cas pour une couleur imposĂ©e de volets ou l'interdiction de modifier certains Ă©lĂ©ments apparents de l'extĂ©rieur (fenĂȘtres, enseignes, stores etc.).

Droits des autres copropriétaires

Les travaux dans un appartement ne doivent pas porter atteinte aux droits des autres copropriétaires.

Ainsi, le copropriétaire ne doit pas causer de dommages matériels à son voisin, de troubles anormaux du voisinage ou une violation des droits des autres copropriétaires issus du rÚglement de copropriété.

Exemple

Il est interdit de :

  • DĂ©tĂ©riorer les appartements du dessus, dessous ou d'Ă -cĂŽtĂ©
  • Mettre en place des claustras (panneaux sĂ©paratifs) sur sa terrasse privative quand cela nuit Ă  l'ensoleillement et au calme dont profitaient les lots voisins
  • AmĂ©nager un grenier en piĂšce d'habitation, Ă  l'origine de nuisances sonores pour l'appartement situĂ© en dessous
  • Cloisonner une place de parking gĂȘnant l'usage de l'emplacement voisin
  • Remplacer le revĂȘtement des sols si celui-ci ne revĂȘt pas des caractĂ©ristiques d'isolation phonique au moins Ă©gales Ă  celles des matĂ©riaux d'origine, ce qui crĂ©e des nuisances sonores pour l'appartement situĂ© en dessous.

La réalisation de travaux portant atteinte aux droits des autres copropriétaires nécessite l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Cette décision est adoptée à l'unanimité.

Quelles conséquences en cas de non-respect des rÚgles ?

Les travaux sur partie privative, portant atteinte Ă  la destination de l'immeuble ou aux droits des autres copropriĂ©taires, doivent ĂȘtre autorisĂ©s par l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des copropriĂ©taires. Cet accord doit intervenir avant le dĂ©but des travaux.

Le copropriétaire peut :

  • Soit demander au syndic de la copropriĂ©tĂ© d'inscrire cette autorisation Ă  l'ordre du jour de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale annuelle. Cette demande se fait par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.
  • Soit solliciter du syndic la convocation et la tenue d'une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale spĂ©cifique qui concernera seulement cette autorisation. Dans ce cas, le copropriĂ©taire prend en charge l'intĂ©gralitĂ© des frais relatifs Ă  cette assemblĂ©e. Cette demande se fait par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.

Si les travaux sont réalisés en l'absence d'une telle autorisation (accord non demandé ou non obtenu), ils sont irréguliers. Dans ce cas, le syndic peut obliger le copropriétaire à remettre en état le logement, ce qui peut conduire à la démolition de ce qui a été fait.

Si la tentative de rÚglement amiable est un échec, il peut agir en justice devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble.

Les parties communes sont les Ă©lĂ©ments d’un immeuble rĂ©servĂ©s Ă  l'usage ou Ă  l'utilitĂ© de tous les copropriĂ©taires ou de plusieurs d'entre eux. Elles sont dĂ©finies par le rĂšglement de copropriĂ©tĂ©, qui en donne une liste complĂšte.

Si ce n'est pas le cas, la loi détermine les parties communes. Il s'agit notamment :

  • Des sols, cours, parcs et jardins, voies d'accĂšs
  • Du gros Ɠuvre des bĂątiments (structure porteuse de l'immeuble), Ă©lĂ©ments d'Ă©quipement commun, y compris les parties de canalisations qui traversent des locaux privatifs
  • Des coffres, gaines et tĂȘtes de cheminĂ©es
  • Des locaux des services communs
  • Des passages et corridors (couloirs).

Lorsqu'un copropriĂ©taire rĂ©alise des travaux dans son appartement, il peut ĂȘtre amenĂ© Ă  intervenir sur des parties communes (par exemple, perforation d'un mur porteur) ou affecter l'aspect extĂ©rieur de l'immeuble (par exemple, changement de fenĂȘtre).

Dans ce cas, des rÚgles spécifiques s'appliquent.

Certains travaux réalisés dans un appartement ont un impact sur les parties communes de l'immeuble. Plusieurs étapes sont alors à respecter pour pouvoir effectuer ces travaux.

Vérifier que les travaux ne sont pas interdits par le rÚglement de copropriété

Tout d'abord, il est nĂ©cessaire de s'assurer que les travaux envisagĂ©s ne sont pas interdits par le rĂšglement de copropriĂ©tĂ©. Si c'est le cas, ils ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©s.

Vérifier que les travaux respectent la destination de l'immeuble et les droits des autres copropriétaires

Ensuite, il faut vérifier que les travaux souhaités respectent :

 Attention :

Lorsque les travaux envisagĂ©s concernent l’isolation thermique de la toiture ou du plancher, il est nĂ©cessaire de vĂ©rifier qu’ils ne portent pas atteinte Ă  la structure de l’immeuble, Ă  sa sĂ©curitĂ© et Ă  sa salubritĂ©. Ils ne doivent pas non plus faire partie du plan pluriannuel de travaux adoptĂ© par le syndicat des copropriĂ©taires.

Obtenir l'autorisation de l'assemblée générale de réaliser les travaux

Enfin, le copropriétaire doit obtenir l'accord des autres copropriétaires en assemblée générale. Cette autorisation doit intervenir avant le début de vos travaux.

Cette décision est prise à la majorité absolue (dite majorité de l'article 25).

NĂ©anmoins, si les travaux entraĂźnent une appropriation ou une destruction de parties communes, ils doivent ĂȘtre autorisĂ©s Ă  la double majoritĂ© (dite majoritĂ© de l'article 26).

Pour obtenir cette autorisation, le copropriétaire peut :

  • Soit solliciter du syndic la convocation et la tenue d'une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale spĂ©cifique qui concernera seulement cette autorisation. Dans ce cas, il prend en charge l'intĂ©gralitĂ© des frais relatifs Ă  cette assemblĂ©e. Cette demande se fait par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Il faut joindre tous les documents liĂ©s au projet de travaux.

Lorsque les travaux concernent des travaux pour l'accessibilité des logements aux personnes handicapées ou à mobilité réduite ou des travaux d'isolation thermique de la toiture ou du plancher, il est obligatoire de fournir un descriptif détaillé des travaux . Le descriptif doit présenter :

  • La nature des travaux
  • L’implantation (emplacement des travaux dans le bĂątiment)
  • La durĂ©e et les conditions de rĂ©alisation des travaux envisagĂ©s
  • Et les Ă©lĂ©ments essentiels de l’équipement ou de l’ouvrage (marques, modĂšles, notices, garanties et documents portant sur l'utilisation et l'entretien).

Le descriptif doit ĂȘtre accompagnĂ© d’un plan technique d’intervention.

Si ces documents ne sont pas envoyĂ©s au syndic, il ne pourra pas inscrire le projet de rĂ©solution Ă  l’ordre du jour de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale.

 Attention :

L'autorisation de rĂ©aliser des travaux privatifs sur les parties communes ne peut ĂȘtre accordĂ©e ni par le conseil syndical, ni par le syndic.

Si l'assemblée générale a voté contre la réalisation de vos travaux, le copropriétaire dispose d'un délai de 2 mois à compter de la réception du procÚs-verbal de cette assemblée pour demander l'annulation de ce refus. Il faut alors saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. Cette action nécessite l'accompagnement d'un avocat.

Par ailleurs, s'il s'agit de travaux d'amĂ©lioration (amĂ©liorent le confort, la sĂ©curitĂ© ou la valeur de la copropriĂ©tĂ©), le copropriĂ©taire peut demander au juge d'ĂȘtre autorisĂ© Ă  les rĂ©aliser.

Les travaux ou aménagements envisagés dans un appartement peuvent nécessiter une modification de l'aspect extérieur de l'immeuble.

Il s'agit principalement des travaux affectant les ouvertures (fenĂȘtres, chassis, pose de barreaux etc), ceux liĂ©s aux conduits d'Ă©vacuation ou Ă  l'installation d'une climatisation.

Dans ce cas, le copropriétaire doit obtenir une autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires avant de pouvoir les engager.

Cette décision est votée à la majorité absolue (dite de l'article 25).

Pour obtenir cette autorisation, le copropriétaire peut :

  • Soit solliciter du syndic la convocation et la tenue d'une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale spĂ©cifique qui concernera seulement cette autorisation. Dans ce cas, il prend en charge l'intĂ©gralitĂ© des frais relatifs Ă  cette assemblĂ©e. Cette demande se fait par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Il faut joindre tous les documents liĂ©s au projet de travaux.

 Attention :

Les travaux rĂ©alisĂ©s sans autorisation de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale sont irrĂ©guliers. Dans ce cas, le syndicat des copropriĂ©taires peut exiger l'arrĂȘt des travaux et demander la dĂ©molition des ouvrages dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©s, y compris en justice.

Dans certains cas, les travaux ayant obtenu l'accord des copropriétaires nécessitent également une autorisation d'urbanisme. Il s'agit par exemple des travaux suivants :

  • Changement de fenĂȘtres (Ă  l'exception de travaux de rĂ©paration ou de remplacement Ă  l'identique)
  • CrĂ©ation d'ouverture donnant sur l'extĂ©rieur (Ɠil-de-bƓuf, fenĂȘtre, velux...)
  • Changement de couleur des volets ou fenĂȘtres
  • Pose de volets ou de barreaux aux fenĂȘtres.

Quelle est votre situation ?

Quelles sont les parties affectées par les travaux ?

Parties privatives exclusivement

Les travaux affectent les parties privatives exclusivement

Parties privatives avec impact sur les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble

Les travaux affectent les parties privatives avec un impact sur les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble