Fiche pratique
Mur mitoyen
Vérifié le 14/09/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Comment déterminer si un mur est mitoyen et quelles obligations cela entraßne pour les voisins ? Nous faisons le point sur la réglementation.
Un mur est mitoyen lorsqu'il sépare 2 propriétés appartenant à des propriétaires différents :
- 2 bĂątiments
- Une cour et un jardin
- 2 champs.
En revanche, le mur n'est pas mitoyen s'il présente :
- Une seule pente au sommet
- Ou des tuiles ou bordures situĂ©es dâun seul cĂŽtĂ©.
Dans ces cas, le mur appartient exclusivement au propriĂ©taire du cĂŽtĂ© oĂč ces Ă©lĂ©ments sont situĂ©s.
Ă savoir
Un mur peut ne pas ĂȘtre mitoyen dans son intĂ©gralitĂ©. Dans ce cas, seule la portion mitoyenne appartient aux 2 voisins.
La mitoyennetĂ© peut ĂȘtre dĂ©montrĂ©e par diffĂ©rents moyens :
- Un titre de propriété (par exemple un acte de vente)
- Une convention entre voisins publiée au fichier immobilier
- Une possession trentenaire. Par exemple, lorsque lâun des voisins utilise le mur depuis plus de 30 ans, notamment en y appuyant une construction. La propriĂ©tĂ© du mur peut alors ĂȘtre acquise par prescription acquisitive, si cette possession est continue, paisible, publique et non Ă©quivoque pendant 30 ans. La reconnaissance de la prescription acquisitive peut se faire Ă lâamiable ou par un acte notariĂ© signĂ© entre les voisins ou devant le tribunal si lâun des voisins conteste. Les preuves peuvent ĂȘtre des photos anciennes, des attestations, des factures de travaux ou tout autre document montrant lâusage du mur pendant 30 ans.
OĂč sâadresser ?
Les 2 propriétaires doivent participer aux frais d'entretien, proportionnellement à leurs droits.
Lorsque le mur est partiellement mitoyen et partiellement privatif, chaque voisin contribue aux frais selon la portion dont il est propriétaire.
Chacun est responsable des dĂ©gradations qu'il cause au mur et peut ĂȘtre condamnĂ© Ă assumer seul les frais de remise en Ă©tat si ces dĂ©gradations rĂ©sultent de sa faute.
Sauf en cas dâurgence (par exemple si le mur menace de s'Ă©crouler), les rĂ©parations d'un mur mitoyen doivent ĂȘtre dĂ©cidĂ©es d'un commun accord entre les 2 propriĂ©taires. Les frais sont alors partagĂ©s entre eux.
Si lâun des propriĂ©taires rĂ©alise des travaux sans l'accord du voisin, hors situation dâurgence, il en assume seul le coĂ»t.
La reconstruction d'un mur mitoyen se fait également d'un commun accord, avec un partage des frais entre les 2 propriétaires.
Toutefois, si le mur doit ĂȘtre reconstruit parce quâun voisin souhaite le surĂ©lever (exhaussement) et que le mur nâest pas en Ă©tat de supporter cette surĂ©lĂ©vation, ce voisin doit financer seul la reconstruction. LâexcĂ©dent dâĂ©paisseur doit ĂȘtre pris de son cĂŽtĂ©.
Le propriétaire peut décider de surélever un mur mitoyen (on parle d'exhaussement) :
- En respectant les rĂšgles dâurbanisme (hauteur, distance, ...)
- Et sans porter atteinte aux ouvrages du voisin.
Lâexhaussement est impossible si des Ă©lĂ©ments du voisin sâappuient sur le faĂźte du mur, câest-Ă -dire son sommet.
La partie surélevée appartient exclusivement au propriétaire qui a réalisé les travaux. Les frais d'entretien de cette partie sont à sa charge exclusive.
L'accord du voisin est nĂ©cessaire seulement si la surĂ©lĂ©vation implique un adossement sur le mur mitoyen. Cet accord peut ĂȘtre donnĂ© oralement, mais il est recommandĂ© de le formaliser par Ă©crit pour Ă©viter tout Ă©ventuel litige.
Attention :
Si le mur n'est pas suffisamment solide pour supporter une surĂ©lĂ©vation, le propriĂ©taire qui souhaite exhausser doit en assurer la reconstruction Ă ses frais, en ajoutant lâĂ©ventuel excĂ©dent d'Ă©paisseur de son cĂŽtĂ©.
Il est possible de supprimer la mitoyenneté d'un mur en achetant la totalité de la mitoyenneté d'un mur ou en abandonnant son droit de mitoyenneté.
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La mitoyennetĂ© dâun mur implantĂ© sur la limite de propriĂ©tĂ© peut ĂȘtre achetĂ©e Ă tout moment. Lâachat concerne uniquement un mur correctement implantĂ©, car un mur qui dĂ©passe sur le terrain voisin relĂšve dâun empietement et ne peut pas devenir mitoyen.
Le voisin doit ĂȘtre informĂ© par courrier recommandĂ©. Le voisin peut refuser de vendre sa part.
Lorsque les 2 voisins sont dâaccord, lâacte de vente est Ă©tabli par un notaire.
OĂč sâadresser ?
Le prix correspond à 50 % du coût du mur et à 50 % de la valeur du sol sur lequel il est construit.
En cas de difficultés avec son voisin, et avant de faire un recours devant le tribunal du lieu de situation du terrain, il est recommandé de faire appel :
- à un conciliateur de justice (démarche gratuite)
- Ou à un médiateur (démarche payante)
- Ou à une procédure participative (démarche payante avec recours à un avocat).
Si aucun accord nâest trouvĂ©, il est possible de faire un recours auprĂšs du tribunal judiciaire du lieu du bien.
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Le propriétaire peut renoncer à son droit de mitoyenneté. Pour cela, il faut respecter 2 conditions :
- Ne pas avoir de construction appuyée sur le mur
- Le mur ne doit pas retenir des terres (pas un mur de soutĂšnement).
Il doit informer son voisin par un courrier recommandĂ© et formaliser lâabandon par acte sous seing privĂ© ou acte notariĂ©.
Ă noter
Si des travaux sont nĂ©cessaires Ă cause dâun dĂ©faut dâentretien dĂ» au voisin qui souhaite abandonner la mitoyennetĂ©, celui-ci doit dâabord rĂ©parer le mur.
Une fois la mitoyennetĂ© abandonnĂ©e, le voisin nâa plus Ă participer aux frais dâentretien, mais il perd les avantages liĂ©s Ă la mitoyennetĂ©, notamment la possibilitĂ© dâappuyer une construction sur le mur.
Il perd Ă©galement la propriĂ©tĂ© du sol situĂ© sous la portion du mur devenue privative pour lâautre voisin, qui devient seul propriĂ©taire du mur et du sol.
Il reste toutefois possible de racheter ultérieurement la mitoyenneté.
En cas de difficultés avec son voisin, et avant de faire un recours devant le tribunal du lieu de situation du terrain, il est recommandé de faire appel :
- à un conciliateur de justice (démarche gratuite)
- Ou à un médiateur (démarche payante)
- Ou à une procédure participative (démarche payante avec recours à un avocat).
Si aucun accord nâest trouvĂ©, il est possible de faire un recours auprĂšs du tribunal judiciaire du lieu du bien.
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Code civil : articles 653 à 673
Articles 657 Ă 662
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Prescription
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Prescription