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Fiche pratique

Licenciement d'un représentant du personnel

Vérifié le 11/03/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Le salarié ayant des fonctions représentatives dans l'entreprise bénéficie d'une protection spéciale contre le licenciement, on dit qu'il est salarié protégé. En plus de la procédure habituelle qui diffÚre selon le motif, le licenciement est soumis à l'autorisation préalable de l'inspecteur du travail. Quelle procédure l'employeur doit-il suivre ? Nous vous présentons les informations à connaßtre.

L'employeur qui envisage de licencier un représentant du personnel, qui est un salarié protégé, doit le convoquer à un entretien préalable au licenciement.

Convocation du salarié

Cette convocation est faite par lettre RAR ou par lettre remise en main propre contre décharge.

La lettre de convocation doit indiquer les éléments suivants :

  • Objet de l'entretien entre le salariĂ© et l'employeur (ou toute personne appartenant Ă  l'entreprise avec dĂ©lĂ©gation de pouvoir)
  • Date, heure et lieu de l'entretien (lieu de travail ou siĂšge de l'entreprise)
  • PossibilitĂ© pour le salariĂ© de bĂ©nĂ©ficier d’une assistance durant l'entretien par un salariĂ© appartenant Ă  l'entreprise (reprĂ©sentant du personnel ou non).

Respect d'un délai entre l'envoi de la convocation et l'entretien préalable

L'employeur doit respecter un délai minimum de 5 jours ouvrables entre la présentation de la lettre RAR ou sa remise en main propre contre décharge et la date de l'entretien.

Le jour de la 1re présentation ou de la remise en main propre de la lettre au salarié et le jour de l'entretien ne comptent pas dans le délai des 5 jours ouvrables.

Exemple

Un salarié travaille du lundi au vendredi et a son repos hebdomadaire le dimanche. Il n'y a pas de jour férié dans la semaine.

Si la 1re présentation de la lettre a lieu le mardi, l'entretien peut avoir lieu au plus tÎt le mardi de la semaine suivante. Le samedi étant un jour ouvrable, il compte dans le délai de 5 jours.

Si le délai se termine un samedi, un dimanche, un jour férié ou chÎmé, il est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant (par exemple, si le délai se termine le lundi 1er mai, il prend fin le mardi).

 Ă€ noter

En cas de faute grave, l'employeur peut prononcer la mise Ă  pied conservatoire du salariĂ©. Lorsque cette mesure est prise Ă  l'Ă©gard d'un dĂ©lĂ©guĂ© syndical ou d'un reprĂ©sentant de la section syndicale, elle doit ĂȘtre argumentĂ©e et notifiĂ©e Ă  l'inspecteur du travail dans le dĂ©lai de 48 heures Ă  compter de sa prise d'effet.

Tenue de l'entretien préalable

L'employeur (ou son représentant) reçoit le salarié et la personne qui l'assiste éventuellement. Il lui expose les motifs de la décision envisagée et recueille ses explications.

 Ă€ noter

Le salariĂ© n'est pas obligĂ© de se prĂ©senter Ă  l'entretien prĂ©alable. Son absence ne peut pas lui ĂȘtre reprochĂ©e. L'employeur peut poursuivre la procĂ©dure de licenciement si le salariĂ© est absent le jour de l'entretien.

La consultation du CSE doit avoir lieu aprÚs l'entretien préalable.

La procédure varie en fonction du nombre de salariés dans l'entreprise :

  • Le CSE n'a pas Ă  ĂȘtre consultĂ©. Un accord collectif peut toutefois prĂ©voir cette consultation.

  • L'employeur doit obligatoirement consulter le CSE si le projet de licenciement concerne l’un des reprĂ©sentants du personnel suivant :

    • Membre (titulaire ou supplĂ©ant) Ă©lu Ă  la dĂ©lĂ©gation du CSE
    • ReprĂ©sentant syndical au CSE
    • ReprĂ©sentant de proximitĂ©.

    Avant toute décision, le CSE procÚde à l'audition du salarié protégé concerné.

    La convocation du salarié à cette audition est obligatoire. Sinon, l'avis rendu par le CSE n'est pas valable.

    La loi ne prévoit pas de délai particulier de convocation. L'employeur doit veiller à laisser au salarié un temps suffisant pour se préparer.

    AprÚs audition du salarié, le CSE délibÚre et rend son avis par un vote à bulletin secret. L'employeur ne participe pas au vote du CSE, mais le salarié concerné peut voter s'il est membre du CSE.

    Lorsqu'une entreprise n'a pas de CSE, la demande d'autorisation de licenciement est directement transmise à l'inspecteur du travail aprÚs l'entretien préalable.

     Ă€ noter

    En cas de mise Ă  pied conservatoire d’un membre de la dĂ©lĂ©gation du CSE et reprĂ©sentant syndical au CSE, l’employeur doit consulter le CSE dans un dĂ©lai de 10 jours Ă  compter du dĂ©but de la mise Ă  pied.

Demande d'autorisation de licenciement

L'employeur doit demander l'autorisation de licencier le salarié protégé à l'inspecteur du travail dont dépend l'établissement dans lequel le salarié est employé.

Cette demande lui est adressĂ©e dans les 15 jours suivant la dĂ©libĂ©ration du CSE, par lettre RAR en 2 exemplaires ou par le portail du ministĂšre du travail lorsqu’une consultation du CSE est requise :

Service en ligne
Portail des démarches relevant du ministÚre du travail

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé du travail

 Ă€ noter

Dans le cas oĂč le CSE doit ĂȘtre consultĂ©, le procĂšs-verbal de la rĂ©union du CSE doit ĂȘtre joint Ă  la demande.

En cas de mise Ă  pied conservatoire, la demande d’autorisation de licenciement est transmise Ă  l’inspection du travail dans un dĂ©lai de 8 jours, ou de 48 heures lorsqu’une consultation du CSE est requise.

EnquĂȘte contradictoire

Avant de prendre sa dĂ©cision, l'inspecteur doit procĂ©der Ă  une enquĂȘte dite « contradictoire ».

Il auditionne personnellement et individuellement le salarié et l'employeur. Il recueille les arguments et explications de chacun.

Le salarié prend connaissance de l'ensemble des piÚces produites par l'employeur pour justifier le licenciement.

Au cours de l'enquĂȘte, le salariĂ© peut, sur sa demande, se faire assister d'un reprĂ©sentant de son syndicat.

L'inspecteur du travail prend sa décision dans les 2 mois qui suivent la date de réception de la demande d'autorisation de licenciement.

Décision de l'inspecteur du travail

La décision de l'inspecteur est argumentée et transmise aux personnes suivantes par lettre RAR :

  • Employeur
  • SalariĂ©
  • Organisation syndicale du salariĂ© (s'il est dĂ©lĂ©guĂ© ou reprĂ©sentant syndical).

La poursuite de la procédure dépend de la décision de l'inspecteur du travail :

  • L’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail du salariĂ©.

    Le salariĂ© protĂ©gĂ© doit ĂȘtre maintenu dans son activitĂ© professionnelle et son emploi aux conditions antĂ©rieures et percevoir son salaire.

     Ă€ noter

    Dans le cas d’une mise Ă  pied conservatoire, la mesure est annulĂ©e et ses effets supprimĂ©s. Le salariĂ© doit percevoir son salaire intĂ©gral sur la pĂ©riode comprise entre la mise Ă  pied et la dĂ©cision de refus.

  • L'employeur peut alors poursuivre la procĂ©dure.É

  • L'absence de rĂ©ponse de l'inspecteur du travail pendant 2 mois vaut refus (dĂ©cision implicite de rejet).

    L’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail du salariĂ©.

    Le salariĂ© protĂ©gĂ© doit ĂȘtre maintenu dans son activitĂ© professionnelle et son emploi aux conditions antĂ©rieures et percevoir son salaire.

     Ă€ noter

    Dans le cas d’une mise Ă  pied conservatoire, la mesure est annulĂ©e et ses effets supprimĂ©s. Le salariĂ© doit percevoir son salaire intĂ©gral sur la pĂ©riode comprise entre la mise Ă  pied et la dĂ©cision de refus.

AprÚs avoir obtenu l'autorisation de licenciement de l'inspecteur du travail, l'employeur peut notifier le licenciement selon la procédure habituelle pour motif personnel ou motif économique.

La dĂ©cision de l’inspecteur du travail peut ĂȘtre contestĂ©e par l'employeur ou le salariĂ©, dans un dĂ©lai de 2 mois, par :

  • Recours hiĂ©rarchique auprĂšs du ministre du travail
  • Recours contentieux devant le tribunal administratif dont dĂ©pend l’entreprise ou l’établissement.

Il doit ĂȘtre formĂ© dans les 2 mois qui suivent l'un des Ă©vĂ©nements suivants :

Le recours n’est pas suspensif : la dĂ©cision de l’inspecteur du travail s’applique jusqu’au rendu de dĂ©cision du ministre ou du tribunal.

Ainsi, en cas d’autorisation du licenciement par l’inspecteur du travail, l’employeur peut prononcer le licenciement, sans attendre les suites du recours du salariĂ©. Il prend toutefois le risque de devoir rĂ©intĂ©grer le salariĂ© si cette autorisation est annulĂ©e.