Fiche pratique
Association cultuelle
Vérifié le 07/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Les associations cultuelles (sauf celles situées en Alsace-Moselle) ont exclusivement pour objet d'assurer l'exercice public d'un culte religieux. Nous vous présentons les informations à connaßtre.
- Cas général
- Alsace-Moselle
Une association cultuelle a pour but exclusif l'exercice public d'un culte religieux.
Une association est considĂ©rĂ©e comme cultuelle lorsqu'elle rĂ©unit lâensemble des conditions suivantes :
- Avoir pour unique but l'exercice public d'un culte
- Avoir pour objet les activités suivantes :
- Ses activités (cérémonies, processions et autres manifestations extérieures) doivent se dérouler dans le respect de l'ordre public et des libertés fondamentales.
Les associations cultuelles bénéficient des avantages suivants :
- Possibilité de recevoir des donations (consenties du vivant du donateur) et des legs (transmis au décÚs) destinés à l'accomplissement de leur objet cultuel ou grevés de charges pieuses ou cultuelles
- Possibilité de délivrer des reçus fiscaux ouvrant droit, aux particuliers qui effectuent des dons, à une réduction d'impÎt égale à  66 % du montant du don dans la limite de 20 % du revenu imposable
- Possibilité de délivrer des reçus fiscaux ouvrant droit, aux entreprises, soumises à l'impÎt sur le revenu ou à l'impÎt sur les sociétés qui effectuent des dons, à une réduction d'impÎt au taux de 60 % pour la fraction des dons inférieure ou égale à 2 millions d'euros et au taux de 40 % pour la fraction des dons supérieure à 2 millions d'euros
- Possibilité de bénéficier d'une exonération de taxe fonciÚre sur les propriétés bùties affectées à l'exercice du culte.
Autres associations
L'exercice d'un culte peut aussi ĂȘtre assurĂ© par des associations qui n'ont pas pour objet exclusif cette activitĂ©. Une association loi 1901 peut avoir un objet mixte et comporter des activitĂ©s Ă la fois culturelles et cultuelles.
Outre lâexercice dâun culte, des associations peuvent par exemple avoir Ă©galement pour objet lâassistance morale et matĂ©rielle aux indigents, la promotion de la vie spirituelle, Ă©ducative, sociale et culturelle dâune communautĂ©, lâĂ©tude dâune religion, etc.
En revanche, ces associations ne peuvent pas bénéficier des avantages accordés aux associations cultuelles.
Congrégation religieuse
Une congrĂ©gation est une association de personnes rĂ©unies par une mĂȘme foi religieuse soumise Ă un rĂ©gime juridique particulier.
Les membres d'une congrĂ©gation prononcent des vĆux marquant leur volontĂ© d'effectuer les actions suivantes :
- Se soumettre à une autorité religieuse
- Se contraindre Ă la pratique effective des vĆux
- Participer aux activités de la congrégation en contrepartie d'une prise en charge de tous leurs besoins (logement, nourriture,...).
Lors de leur création, les associations cultuelles sont soumises aux obligations de déclaration auxquelles est soumise toute association.
Elles sont en outre soumises à des dispositions spécifiques :
- Elles doivent ĂȘtre composĂ©es dâau moins 7 personnes majeures domiciliĂ©es ou rĂ©sidant dans la circonscription religieuse dĂ©finie par les statuts de l'association
- Elles doivent transmettre au prĂ©fet (ou Ă la prĂ©fecture de police de Paris) la liste des lieux oĂč est organisĂ© habituellement l'exercice public du culte.
Pour bĂ©nĂ©ficier des avantages propres aux associations cultuelles, l'association doit effectuer une dĂ©claration de sa qualitĂ© cultuelle auprĂšs de la prĂ©fecture du dĂ©partement ou Ă la sous-prĂ©fecture de l'arrondissement oĂč l'association a son siĂšge.
Attention :
Cette déclaration est distincte de la déclaration de création de l'association.
La dĂ©claration sâeffectue au moyen du tĂ©lĂ©service national suivant :
Service en ligne
Déclaration de la qualité cultuelle de votre association (Loi du 9 décembre 1905)
MinistÚre chargé de l'intérieur
La dĂ©claration doit ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :
- Statuts de l'association
- Nom, prénom(s), profession, domicile et nationalité des personnes qui sont chargées de son administration
- Budget prévisionnel de l'exercice en cours
- Comptes annuels des 3 derniers exercices clos ou, si l'association a été créée depuis moins de 3 ans, les comptes des exercices clos depuis sa création
- Justificatif(s) tendant Ă Ă©tablir que l'association rĂ©unit les conditions requises pour ĂȘtre qualifiĂ©e d'association cultuelle
- Liste des lieux oĂč est organisĂ© habituellement l'exercice public du culte
- Pour les unions, liste des associations membres.
Le préfet accuse réception de la déclaration.
La déclaration produit ses effets à partir de sa réception et pour une durée de 5 ans, sauf décision d'opposition du préfet.
L'absence de notification d'une décision d'opposition dans les 2 mois suivant la réception de la déclaration ou, en cas de dossier incomplet, suivant la réception de la derniÚre piÚce manquante, vaut constatation implicite que l'association remplit les conditions requises.
Lâassociation peut alors demander au prĂ©fet un document attestant qu'elle rĂ©unit les conditions requises pour ĂȘtre qualifiĂ©e d'association cultuelle.
Si le préfet estime que l'association ne réunit pas les conditions requises, il peut s'opposer à la demande.
Dans ce cas, il en informe lâassociation par courrier en recommandĂ©, avec accusĂ© de rĂ©ception et lâinvite Ă prĂ©senter ses observations dans le dĂ©lai d'un mois.
L'absence de notification d'une décision expresse d'opposition dans le délai d'un mois suivant la réception des observations de l'association ou, en l'absence d'observations, à l'expiration du délai d'un mois imparti pour présenter les observations vaut constatation implicite que l'association remplit les conditions requises.
Lorsque le préfet décide de s'opposer à la demande, il notifie sa décision motivée à l'association par lettre recommandée avec accusé de réception.
Les associations cultuelles sont soumises aux obligations de déclaration ordinaire lors de leurs évolutions : changements dans leur administration, modifications statutaires (notamment modifications relatives aux limites territoriales de la circonscription religieuse), dissolution, etc.
De plus, l'association cultuelle doit effectuer une déclaration complémentaire, dans les 3 mois, lorsqu'elle se trouve dans l'une des situations suivantes :
- Vente ou cession de tous biens meubles et immeubles attribués à l'association en application de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat
- Modifications apportĂ©es Ă la liste des lieux oĂč est organisĂ© habituellement l'exercice public du culte.
Toute dĂ©claration complĂ©mentaire est faite dans les mĂȘmes formes que la dĂ©claration initiale.
Pour continuer Ă bĂ©nĂ©ficier des avantages qui lui sont accordĂ©s en tant quâassociation cultuelle, l'association doit renouveler la dĂ©claration de sa qualitĂ© cultuelle au bout de 5 ans, dans les mĂȘmes conditions que sa dĂ©claration initiale.
Si cette demande de renouvellement intervient moins de 6 mois aprÚs la fin de la période de 5 ans, l'association n'a pas à fournir à nouveau l'ensemble des documents qui lui ont été demandées lors de sa 1re demande.
Si lâassociation a reçu plus de 153 000 ⏠de dons, elle doit publier ses comptes annuels au JOAFE. Lors du renouvellement de sa dĂ©claration de sa qualitĂ© cultuelle, elle est alors dispensĂ©e de fournir ses comptes annuels des 3 derniers exercices clos.
Les actes de gestion financiĂšre et d'administration des biens accomplis par les dirigeants doivent ĂȘtre approuvĂ©s chaque annĂ©e par l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des membres de l'association.
L'association doit dresser chaque année un inventaire de ses biens mobiliers et immobiliers.
Les associations cultuelles sont soumises Ă un contrĂŽle financier par l'administration fiscale.
L'association est obligĂ©e de faire vĂ©rifier ses comptes lorsqu'elle bĂ©nĂ©ficie, directement ou indirectement, d'avantages ou de ressources en numĂ©raire ou en nature, dâun Ătat Ă©tranger, dâune personne morale Ă©trangĂšre, dâune personne physique non rĂ©sidente en France ou au moyen de tout dispositif juridique de droit Ă©tranger comparable Ă une fiducie dont le montant dĂ©passe 50 000 âŹ.
Les associations cultuelles peuvent recevoir les sommes suivantes :
- Cotisations de leurs membres
- Dons manuels, donations et legs
- Produit des quĂȘtes et collectes pour les frais du culte
- Rétributions (pour les cérémonies et services religieux, location des bancs et siÚges, fourniture d'objets lors de funérailles, décoration des édifices)
Elles ne peuvent pas recevoir de subvention publique.
Cependant, lâĂtat et les collectivitĂ©s territoriales peuvent leur accorder des aides financiĂšres pour la rĂ©paration des Ă©difices cultuels, qu'ils soient ou non classĂ©s monuments historiques.
Les travaux nécessaires à la conservation des édifices (maintien hors d'eau, mise en sécurité de l'édifice, etc.) sont les seuls travaux concernés.
Les communes et les départements peuvent garantir, sous certaines conditions, les emprunts contractés pour financer la construction, par des associations cultuelles, d'édifices religieux.
Ces collectivités peuvent autoriser une association cultuelle qui souhaite construire un édifice du culte à occuper un terrain dont elles sont propriétaires dans le cadre d'un bail emphytéotique.
Oui. Le préfet peut également constater qu'une association ne remplit plus les conditions exigées pour bénéficier des avantages réservés aux associations cultuelles, notamment lorsque son objet ou ses activités ne répondent plus aux exigences prévues par la loi.
Dans ce cas, il l'informe par lettre recommandée avec accusé de réception et l'invite à présenter ses observations dans un délai d'un mois.
Le préfet notifie sa décision motivée à l'association, par lettre recommandée avec accusé de réception dans le délai d'un mois suivant la réception des observations de l'association ou, en l'absence d'observations, avant l'expiration du délai d'un mois prévu pour cela.
Une association cultuelle a pour but d'assurer l'exercice public d'un culte religieux.
Toutefois, il peut arriver que l'objet de l'association ne soit pas exclusivement cultuel, mais mixte (c'est-Ă -dire Ă la fois cultuel et culturel).
- Possibilité de délivrer des reçus fiscaux ouvrant droit, aux particuliers qui effectuent des dons, à une réduction d'impÎt égale à  66 % du montant du don dans la limite de 20 % du revenu imposable
- Possibilité de délivrer des reçus fiscaux ouvrant droit, aux entreprises, soumises à l'impÎt sur le revenu ou à l'impÎt sur les sociétés qui effectuent des dons, à une réduction d'impÎt au taux de 60 % pour la fraction des dons inférieure ou égale à 2 millions d'euros et au taux de 40 % pour la fraction des dons supérieure à 2 millions d'euros
- Possibilité de recevoir des donations et des legs dans les conditions prévues par la réglementation applicable en Alsace-Moselle.
Le droit applicable en Alsace-Moselle permet Ă une association, dĂšs sa crĂ©ation, dâĂȘtre cultuelle.
Le simple fait que les statuts prĂ©cisent que lâobjet est lâexercice du culte suffit.
Toutefois, l'association doit transmettre, dans les 3 mois qui suit son inscription, au prĂ©fet du dĂ©partement dans lequel elle a son siĂšge social la liste des lieux oĂč elle organise habituellement l'exercice public du culte et la photocopie de ses statuts.
L'association peut le faire par courrier simple ou par voie électronique (les adresses se trouvent sur le site de chaque préfecture).
OĂč sâadresser ?
En cas de modification ultérieure de cette liste, l'association doit en informer le préfet. Elle doit effectuer une déclaration complémentaire dans les 3 mois.
Lorsque le prĂ©fet constate qu'une association accomplit des actes en relation avec l'exercice public d'un culte sans que son objet le prĂ©voit, il invite l'association Ă s'expliquer en lui donnant un dĂ©lai. Ce dĂ©lai ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă 15 jours.
Si, Ă la fin de cette procĂ©dure, le prĂ©fet dĂ©cide de mettre en demeure l'association de mettre son objet en conformitĂ© avec ses activitĂ©s, il lui notifie sa dĂ©cision par lettre recommandĂ©e avec demande d'avis de rĂ©ception. La dĂ©cision fixe le dĂ©lai dont dispose l'association pour procĂ©der Ă la modification de ses statuts. Ce dĂ©lai ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă un mois.
Le préfet peut assortir la mise en demeure qu'il adresse à l'association d'une astreinte.
Si la situation persiste, le préfet peut également saisir le Parquet.
Pour bénéficier de subventions publiques, l'association doit signer le contrat d'engagement républicain. Ainsi, l'association s'engage à respecter les points suivants :
- Lois de la République
- Liberté de conscience
- Egalité et non discrimination
- Fraternité et absence de violence
- Dignité humaine
- Symboles républicains (drapeaux, hymne national,...)
L'association, que son objet soit exclusivement cultuel ou mixte, doit tenir au moins une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale chaque annĂ©e pour approuver les actes de gestion financiĂšre et dâadministration des biens par les directeurs ou les administrateurs de lâassociation.
L'Ătat peut demander la transmission des procĂšs-verbaux signĂ©s qui attestent de la tenue de cette assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et de l'approbation des actes de gestion et des comptes par les membres de l'association.
L'association, que son objet soit exclusivement cultuel ou mixte, doit dĂ©clarer chaque annĂ©e les Ă©ventuels financements de lâĂ©tranger qu'elle aurait reçus. Et ce, que ce soit en numĂ©raire ou en nature par une personne physique ou morale Ă©trangĂšre dĂšs lors que le montant total de tous les financements dĂ©passent 15 300 ⏠sur un exercice comptable.
Lorsque le montant cumulĂ© des financements Ă©trangers reçus au cours d'un mĂȘme exercice comptable dĂ©passe 15 300 âŹ, l'association doit effectuer sa dĂ©claration dans les 3 mois suivant le dĂ©passement de ce seuil.
Tout nouveau financement Ă©tranger reçu au cours du mĂȘme exercice comptable doit Ă©galement ĂȘtre dĂ©clarĂ© dans les 3 mois suivant sa perception.
Les libĂ©ralitĂ©s, donation et legs doivent ĂȘtre systĂ©matiquement dĂ©clarĂ©s.
L'association doit déclarer toute intention de vendre, céder, léguer ou donner un local servant au culte au bénéfice d'un étranger.
L'association doit dissocier les comptes bancaires entre les activités cultuelles et les autres.
Si l'association est mixte (c'est-à -dire que son objet est en partie cultuel et culturel), elle doit tenir des comptes annuels : un bilan, un compte de résultat, une annexe et un état séparé des financements étrangers.
L'association doit faire certifier ses comptes par un commissaire aux comptes dans certains cas. Ceux-ci diffĂšrent selon que l'objet de l'association soit exclusivement cultuel ou mixte.
-
L'association doit faire certifier ses comptes par un commissaire aux comptes :
- dĂšs lors qu'elle reçoit des subventions publiques de plus de 23 000 âŹ,
- si elle reçoit de la gĂ©nĂ©rositĂ© publique d'un montant supĂ©rieur Ă 15 300 âŹ,
- dĂšs lors qu'elle Ă©met des reçus fiscaux d'un montant total supĂ©rieur Ă 15 300 âŹ.
-
L'association doit faire certifier ses comptes par un commissaire aux comptes :
- dĂšs lors qu'elle reçoit des subventions publiques de plus de 23 000 âŹ,
- si elle émet des reçus fiscaux,
- si le budget total de l'association excĂšde 100 000 âŹ,
- si elle reçoit de la générosité publique d'un montant supérieur à 50 000 ⏠(dans ce cas, l'association doit établir un compte d'emploi annuel des ressources collectées),
- dĂšs lors qu'elle Ă©met des reçus fiscaux d'un montant total supĂ©rieur Ă 153 000 âŹ.
-
Loi du 9 dĂ©cembre 1905 concernant la sĂ©paration des Ăglises et de l'Etat
Articles 18 Ă 27
-
Loi du 2 janvier 1907 concernant l'exercice public des cultes
-
LOI n°2021-1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République
-
Code général des collectivités territoriales : articles L1311-2 à L1311-4-1
Bail emphytéotique
-
Code général des collectivités territoriales : article L2252-4
Garantie d'emprunt par une commune
-
Code général des collectivités territoriales : article L3231-5
Garantie d'emprunt par un département
Questions ? Réponses !
Pour en savoir plus
-
Statut juridique des cultes en Alsace-Moselle
Institut du droit local alsacien-mosellan (IDL)