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Question-réponse

Facteurs de risques professionnels : quand et comment mettre en place un accord ?

Vérifié le 01/09/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

L’exposition des salariĂ©s Ă  certains risques professionnels peut avoir des consĂ©quences sur leur santĂ©. Afin de leur permettre de poursuivre leur activitĂ© professionnelle tout en prĂ©servant leur santĂ©, des mesures de prĂ©vention spĂ©cifiques sont mises en place. Certaines entreprises doivent ainsi nĂ©gocier un accord pour prĂ©venir les effets de l'exposition Ă  certains facteurs de risques. Nous faisons le point sur la rĂ©glementation.

Le but de l'accord est de prĂ©venir toute pĂ©nibilitĂ© et ainsi permettre aux salariĂ©s de travailler plus longtemps tout en prĂ©servant leur santĂ©. Il doit permettre aux salariĂ©s exposĂ©s Ă  des facteurs de risque professionnel, de bĂ©nĂ©ficier d’actions de suppression ou de rĂ©duction de ces risques.

L'obligation de négocier un accord dépend des 2 critÚres suivants :

  • Effectif de l'entreprise
  • Proportion de salariĂ©s exposĂ©s aux facteurs de risques professionnels.

Effectif de l'entreprise

L'entreprise d'au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe d'au moins 50 salariés est concernée.

 Ă€ noter

Cette obligation concerne une entreprise de droit privĂ©, une association, un Epic, une entreprise publique, ainsi qu’un Ă©tablissement public administratif (EPA) pour son personnel de droit privĂ©.

Proportion de salariés exposés aux facteurs de risques professionnels ou indice de sinistralité

L'entreprise est concernée si elle remplit l'un des 2 critÚres suivants :

La Carsat calcule et communique à l'employeur son indice de sinistralité.

Entreprises pouvant ĂȘtre dispensĂ©es

Les entreprises dont l'effectif est compris entre 50 et moins de 300 salariés, ou appartenant à un groupe de moins de 300 salariés, déjà couvertes par un accord de branche étendu portant sur les risques professionnels sont dispensées de négocier un accord ou d'établir un plan d'action.

L'employeur doit établir un diagnostic de l'exposition des salariés aux 10 facteurs de risques professionnels suivants :

  • Manutentions manuelles de charges
  • Postures pĂ©nibles
  • Vibrations mĂ©caniques
  • Agents chimiques dangereux
  • ActivitĂ©s exercĂ©es en milieu hyperbare
  • TempĂ©ratures extrĂȘmes
  • Bruit
  • Travail de nuit
  • Travail en Ă©quipes successives alternantes
  • Travail rĂ©pĂ©titif.

L'objectif de ce diagnostic est d'identifier les risques auxquels sont exposés les salariés de l'entreprise afin de mettre en place des mesures de prévention pertinentes.

L'employeur engage la négociation d'un accord. Cet accord prévoit les mesures de prévention qui découlent du diagnostic préalable.

 Ă€ noter

La nĂ©gociation peut ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă  la nĂ©gociation annuelle sur l'Ă©galitĂ© professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualitĂ© de vie au travail.

ThÚmes traités par l'accord collectif

L'accord doit traiter au moins 2 des 3 thÚmes suivants :

  • RĂ©duction des polyexpositions aux facteurs de risques
  • Adaptation et amĂ©nagement du poste de travail
  • RĂ©duction des expositions aux facteurs de risques professionnels.

L'accord doit également traiter au moins 2 des 4 thÚmes suivants :

  • AmĂ©lioration des conditions de travail, notamment sur le plan organisationnel
  • DĂ©veloppement des compĂ©tences et des qualifications
  • AmĂ©nagement des fins de carriĂšre
  • Maintien en activitĂ© des salariĂ©s exposĂ©s aux facteurs de risques professionnels.

Pour ces 4 thÚmes, l'accord précise les mesures permettant au salarié ayant un compte professionnel de prévention (C2P) d'affecter les points acquis pour l'une des 2 utilisations suivantes :

  • Financement d'une action de formation pour accĂ©der Ă  des postes non exposĂ©s ou moins exposĂ©s aux facteurs de risques professionnels
  • Financement d'un complĂ©ment de rĂ©munĂ©ration pour une rĂ©duction de la durĂ©e du travail (temps partiel).

Suivi de l'accord

L'accord prĂ©voit les conditions de suivi de la mise en Ɠuvre effective de ces mesures.

Chaque thÚme retenu est accompagné d'objectifs chiffrés et d'indicateurs de réalisation.

Ces indicateurs sont communiqués au minimum 1 fois par an au comité social et économique (CSE).

Durée maximum de l'accord collectif

L'accord est conclu pour 3 ans maximum.

Si, à la fin de la négociation, aucun accord n'est conclu, un procÚs-verbal de désaccord est établi.

L'employeur élabore alors seul un plan d'action (au niveau de l'entreprise ou du groupe), aprÚs avis du comité social et économique (CSE).

Le plan d'action prévoit les mesures de prévention qui découlent du diagnostic préalable.

 Ă€ noter

L'employeur élabore également un plan d'action en l'absence de négociation.

ThÚmes traités par le plan d'action

Le plan d'action doit traiter au moins 2 des 3 thÚmes :

  • RĂ©duction des polyexpositions aux facteurs de risques
  • Adaptation et amĂ©nagement du poste de travail
  • RĂ©duction des expositions aux facteurs de risques professionnels.

Le plan doit également traiter au moins 2 des 4 thÚmes suivants :

  • AmĂ©lioration des conditions de travail, notamment sur le plan organisationnel
  • DĂ©veloppement des compĂ©tences et des qualifications
  • AmĂ©nagement des fins de carriĂšre
  • Maintien en activitĂ© des salariĂ©s exposĂ©s aux facteurs de risques professionnels.

Pour ces 4 thÚmes, le plan d'action précise les mesures permettant au salarié ayant un compte professionnel de prévention (C2P) d'affecter les points acquis pour l'une des 2 utilisations suivantes :

  • Financement d'une action de formation pour accĂ©der Ă  des postes non exposĂ©s ou moins exposĂ©s Ă  des facteurs de risques professionnels
  • Financement d'un complĂ©ment de rĂ©munĂ©ration pour une rĂ©duction de la durĂ©e du travail (temps partiel).

Suivi du plan d'action

Le plan d'action prĂ©voit les conditions de suivi de la mise en Ɠuvre effective de ces mesures.

Chaque thÚme retenu est accompagné d'objectifs chiffrés et d'indicateurs de réalisation.

Ces indicateurs sont communiqués au minimum 1 fois par an au comité social et économique (CSE).

L'accord ou le plan d'action accompagné du procÚs-verbal de désaccord est déposé auprÚs de la Dreets.

La démarche se fait sur internet :

Service en ligne
TéléAccords - Service de dépÎt des accords collectifs d'entreprise

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé du travail

La Dreets en informe la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) de ce dépÎt.

ContrĂŽle de l'administration

Lorsque l'agent de contrÎle de l'inspection du travail constate que l'entreprise n'est pas couverte par un accord collectif ou un plan d'action, il met en demeure l'employeur, par lettre RAR, de remédier à cette situation.

L'employeur a 6 mois pour négocier un accord collectif ou établir un plan d'action.

 Ă€ noter

La Carsat informe la Dreets si l'entreprise n'est pas couverte par un accord ou par un plan d'action.

Sanction

Lorsque l'employeur ne communique pas Ă  l'agent de contrĂŽle de l'inspection du travail, les documents demandĂ©s dans le dĂ©lai de 6 mois, il peut ĂȘtre sanctionnĂ© par la Dreets.

La Dreets décide s'il a lieu de sanctionner l'employeur. En cas de sanction, elle lui adresse une notification argumentée fixant le taux de pénalité retenue.

Le taux de cette pĂ©nalitĂ© ne peut pas ĂȘtre supĂ©rieur Ă  1 % de la masse salariale versĂ©e au cours des pĂ©riodes au titre desquelles l'entreprise n'est pas couverte par l'accord ou au plan d'action.